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28/04/2011 13:43 Imprimer

Négociations sectorielles : miser sur de nombreuses pistes

L’AIP gouvernemental entend imposer une augmentation salariale maximale de 0.3 % aux travailleurs pour les deux prochaines années. Le SETCa s’y est toujours opposé. Il maintient à présent cette ligne à l’occasion des négociations sectorielles. De plus en plus de rapports annuels publiés ces jours-ci font apparaître que bon nombre d’entreprises ne se portent pas mal du tout.

Pour autant, leurs hauts dirigeants et actionnaires ne doivent pas être les seuls à être récompensés de ces résultats - bien que nous trouvions d’ailleurs que ces indemnités sont beaucoup trop élevées – les simples travailleurs ont droit eux aussi à une partie légitime de la richesse qu’ils ont créée dans l’entreprise. Il y a toutefois d’autres aspects que le pouvoir d’achat. Comment les négociations sectorielles se dessinent-elles ? Très diversement, comme nous allons le voir…

 

Le pouvoir d’achat est une notion qui couvre bien des réalités et que l’on peut traduire de bien des manières. Chaque secteur connaît par ailleurs ses propres sensibilités. Il est évident que tous les acquis des dernières CCT doivent être conservés ou convertis en d’autres avantages. Toutefois, le SETCa plaide prioritairement pour une ligne de conduite consistant à augmenter les salaires bruts. Il s’agit là d’un point important, dans la mesure où c’est la seule manière de contribuer à notre sécurité sociale, qui manque de moyens. Beaucoup de gens oublient également que le salaire brut est le seul à entrer en ligne de compte pour le calcul de la pension, d’une éventuelle indemnité de préavis ou des allocations de chômage. Bref, le salaire brut (fixe) demeure le pilier central des salaires.


En conséquence, le SETCa rejoindra dès lors la table des négociations en portant la revendication d’augmentations salariales brutes. Négocier librement, c’est obtenir le maximum dans les différents secteurs, en tenant compte évidemment du contexte économique des secteurs ou des entreprises. Nous défendrons au maximum des augmentations forfaitaires, ce qui est plus juste. En effet, appliquer des montants forfaitaires d’augmentation salariale, c’est favoriser proportionnellement le plus les salaires les plus bas. L’augmentation actuelle des prix des produits de base justifie au demeurant un effort pour ces catégories lors des négociations.


Même si le SETCa l’a souvent répété, rappelons que nous continuons de nous opposer avec bec et ongles à l’introduction de systèmes all-in. Ce serait placer l’index hors jeu et exposer les travailleurs à la volatilité des prix (entre autre, de l’énergie).

Une palette d’autres revendications salariales peuvent être avancées également dans le cadre de débats sectoriels spécifiques. Ainsi, dans le commerce, l’objectif consistera surtout à miser sur les suppléments pour ouvertures tardives. Les employés du commerce obtiendront ce faisant une rémunération en regard de leur flexibilité. Même exemple dans les secteurs logistique (CP 226) et audiovisuel (CP 227) où l’on exige un supplément minimum pour le travail flexible. De même pour les employés du secteur du métal (CP 209) nous plaidons en faveur d’un régime supplétif (n.d.r. : qui n’entre en application que dans la mesure où l’on n’en prévoit pas d’autre) pour ce qui concerne le travail en équipe.


De telles augmentations de salaires bruts doivent être complétées indubitablement par d’autres formes de progrès. Un renforcement du 2e pilier dans les secteurs qui en formulent la requête permettra de mettre un peu d’argent de côté pour ses vieux jours. Il s’agit d’un choix légitime qui ne fait pas obstacle au plaidoyer en faveur d’une forte pension légale. Bon nombre de cahiers de revendications réclament aussi la création ou l’augmentation de la prime syndicale. De même que l’augmentation du remboursement de toutes les formes de frais de transport, la suppression des barèmes jeunes, les augmentations du nombre de jours de congé… autant de revendications de nature à améliorer la situation du travailleur.


Vous trouverez par ailleurs sur cette page un aperçu global des différentes revendications soumises à la négociation dans les différents secteurs. Un fameuse liste qui, comme on peut le voir, ne figure évidemment pas dans le cahier de revendications de chaque secteur. Vérifiez dès lors sur notre site quels sont les points soumis à la négociation dans votre secteur. A chaque phase des négociations, les tracts voulus seront diffusés aussi dans les entreprises pour vous tenir informés de l’état d’avancement. En effet, le dépôt du cahier de revendications n’est jamais que la première étape des négociations et qui sait… ici ou là, il s’agira peut-être de passer à l’action pour inciter les employeurs à faire preuve d’un peu de bonne volonté.