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03/05/2017 13:37 Imprimer

Négociations sectorielles dans les agences bancaires indépendantes (CP341)

Le tout début

Lorsqu’il est question de vagues de licenciement et de négociations dans le secteur financier, c’est surtout des très grandes entreprises dont on parle. Pourtant, quelque 10.000 employés travaillent dans les agences bancaires indépendantes. C’est un secteur flambant neuf. La concertation sociale est pour le SETCa un pas vers des accords sociaux valables pour tous les travailleurs des agences indépendantes.

 

La concertation sociale à propos d’ accords sectoriels bat actuellement son plein dans tous les secteurs. Pour la CP 341, les agences bancaires indépendantes, c’est la deuxième fois. Le secteur est nouveau. Par le passé, les travailleurs des agences indépendantes ressortaient de la CPAE, la CP 200 (auparavant « la 218 »). Tous les employés du secteur suivaient donc les conditions de ces travailleurs. En 2015, une commission paritaire distincte a été créée, spécifique au secteur. Dans cette commission, à laquelle on a attribué le numéro 341, 19 accords collectifs (CCT) ont été conclus au total. Ces accords ont posé la base des conditions de travail et de rémunération dans les agences. Lors des négociations sectorielles, employeurs et travailleurs discuteront de ces conditions.

Qu’y a-t-il pour l’instant sur la table ? Du côté syndical, nous défendons une modalisation maximale de ce qui a été convenu dans l’accord interprofessionnel (AIP) : 1,1% de plus dans les salaires.  Nous misons par ailleurs aussi sur le renforcement du financement et du fonctionnement du fonds de formation sectoriel SOFUBA (www.sofuba.be), ainsi que sur les droits des travailleurs à la formation. Par les négociations, le SETCa entend aussi garantir au maximum les droits au crédit-temps, aux emplois d’atterrissage et aux RCC. De nombreuses revendications portent aussi sur le renforcement du travail syndical dans le secteur et la protection des travailleurs individuels contre le licenciement.

Ce dernier point n’est pas sans importance. Le secteur des agences bancaires indépendantes est sous pression depuis des années. Les évolutions récentes dans le secteur financier, avec quelques grandes (et plus petites) restructurations, se font toutefois fortement ressentir dans les petites agences. Non seulement un bon nombre d’agences ont fermé leurs portes, mais en plus les grands groupes bancaires n’hésitent également pas à forcer les gérants d’agence indépendants à travailler avec des tarifs (nettement) plus bas. Un exemple concret est ING, qui met le couteau sous la gorge des agences RECORD. Cela conduit hélas parfois à des licenciements au sein de ces agences. Le SETCa exige dès lors des employeurs une procédure claire en matière de licenciement, ainsi qu’un droit exigible d’être assisté par le syndicat dans un cas pareil.

C’est dans ce contexte difficile que les employeurs ont aussi posé des revendications en matière d’ouvertures le soir et d’horaires flexibles. Le SETCa veillera ici au bien-être des travailleurs afin que des dispositions claires soient prises sur le sujet. Nous ne voulons toutefois pas fermer les yeux face à la difficile réalité économique dans laquelle les agences, souvent très petites, se trouvent. La survie de ces agences est liée à l’emploi des employés. Cet emploi est lui aussi dans la balance. Le SETCa recherche ici un équilibre correct. Quoi qu’il en soit,  la demande des employeurs de convertir une partie du salaire de base en un « plan cafétéria » ne pourra compter sur notre approbation.

Le défi pour un jeune secteur comme la CP 341, dans une situation économique très houleuse, est d’avancer pas à pas, par le biais de la concertation sociale, vers un encadrement social correct de l’emploi. Ces accords sont un premier pas. Le SETCa garde ici à l’œil l’intérêt individuel des membres, dont fait partie la sécurité d’emploi. Les membres qui sont confrontés à des problèmes peuvent à tout moment s’adresser à une section SETCa locale pour un avis juridique ou du soutien. Les membres récupèrent € 35 de leur affiliation syndicale sur base annuelle par le biais d’une prime syndicale.

 

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