SETCa > News > Nécessité d'agir d'urgence dans le secteur bancaire

12/10/2011 11:47 Imprimer

Nécessité d'agir d'urgence dans le secteur bancaire

Un âne ne trébuche pas deux fois sur la même pierre. Pourtant, pour ceux qui ont suivi ces derniers temps l’actualité à propos de Dexia, il est difficile de se défaire de cette impression que nous revivons la crise bancaire de 2008. Une fois de plus, c’est la collectivité qui paie la note. Pourtant, il ne devrait pas en être ainsi.

 

Nous ne sommes pas aveugles devant les tenants et les aboutissants de cette histoire... Le contribuable va en payer les conséquences. Tous ensemble, nous mettons en effet 4 milliards d’EUR sur la table pour acheter une banque, tout en nous portant garants pour le montant vertigineux de 54 milliards d’EUR. Pour la deuxième fois en 3 ans, le citoyen de ce pays ouvre la bourse pour maintenir une banque en vie.

Ceci nous contraint de soulever la question : quelles sont les leçons qui ont été tirées du fiasco financier d’il y a 3 ans ? La réponse est affligeante. On a peine à citer les mesures législatives arrêtées depuis pour rendre le secteur transparent et le réguler ou pour rectifier le comportement des administrateurs des banques.

Les hauts salaires en sont l’exemple le plus frappant. En 2010, Mariani, le dirigeant de Dexia, a empoché un salaire de 2 millions d’EUR. La banque s’est défendue à l’époque en estimant que ce salaire était « totalement conforme à la loi ». C’est exact. Mais pas décent. Un vrai scandale. De telles rétributions, totalement coupées de la qualité des prestations, doivent être régulées par la loi. Les entreprises ne sont pas en mesure d’y mettre elles-mêmes un terme. Voilà qui n’a rien à voir avec de l’envie, mais bien avec le respect pour les habitants de ce pays qui vont être confrontés à des économies au cours des prochaines années.

Sur d’autres plans aussi, les initiatives législatives sont clairsemées.  Il est beaucoup question d’une taxe sur les transactions financières (appelée quelquefois taxe Tobin ou Robin Hood), mais les résultats se font attendre. Pourtant, un tel impôt n’assurerait pas seulement une forme de revenus pour l’Etat, mais il mettrait par ailleurs un frein aux excès de la spéculation qui créent de l’instabilité dans l’économie réelle, celle dans laquelle nous nous éveillons le matin.

Les banques doivent disposer aussi de fonds propres suffisants, c’est-à-dire plus qu’aujourd’hui.

Et nous pourrions poursuivre ainsi la liste des mesures à prendre, comme par exemple la séparation obligatoire des banques d’épargne et des banques d’investissement. Le fond de toute l’histoire étant que, ces trois dernières années, le secteur des finances en est revenu très rapidement au business as usual. Pourtant, il est possible de régir de tels comportements à l’appui de dispositions légales fortes. Il est donc temps que les pouvoirs publics utilisent le pouvoir dont ils disposent.

 

Share/Bookmark