SETCa > News > Moins d’austérité et plus d’investissements : 11 millions de nouveaux emplois

11/02/2014 19:26 Imprimer

Moins d’austérité et plus d’investissements permettraient de créer 11 millions de nouveaux emplois

La crise bancaire a causé une sacrée migraine aux États membres européens. Ce qui a débuté par l’effondrement d’une banque américaine – Lehman Brothers – s’est terminé en récession mondiale. Les conséquences sont tout bonnement dramatiques : en 2009, l’économie européenne s’est rétractée de 4,5% du PIB. Après un léger redressement en 2010 et 2011, le spectre de la récession est réapparu en 2012. Pour les syndicats européens, des salaires plus élevés et des investissements sont le meilleur moyen pour en sortir.

 

Le chômage est passé de 7,1% en 2008 à 10,5% en 2012 (source Eurostat). La pauvreté et l’inégalité ont elles aussi augmenté dans de très nombreux pays européens et le chômage des jeunes a pris des proportions tragiques. En Grèce et en Espagne, plus de la moitié des jeunes sont actuellement au chômage. Le SETCa est convaincu que l’Union européenne a posé le mauvais diagnostic et a prescrit les mauvais remèdes. L’approche européenne infructueuse est responsable de ce marasme socio-économique.

Comment en est-on arrivé là ?

Pour le savoir, remontons un peu le temps. Au départ, il était question d’une crise bancaire. À l’automne 2008 et au printemps 2009, les grandes banques ont, les unes après les autres, rencontré des problèmes. À chaque fois, les pouvoirs publics ont dû intervenir pour éviter un crash intégral du système financier. Petit à petit, il est apparu clairement que l’économie « réelle » était également touchée et l’on a commencé à parler d’une crise économique. Au printemps 2010, la crise a enfin été requalifiée en « crise de la dette » : les problèmes proviennent de « déficits budgétaires trop élevés » et d’un « manque de compétitivité ». Sous pression de la chancelière allemande Angela Merkel, un instrument été développé pour pousser les États membres dans un carcan européen. Différentes initiatives ont été passées en revue à toute allure : le Six-pack, le Two-pack, le Pacte Europlus, le pacte budgétaire… Des mesures draconiennes ont été prises pour les pays recevant du soutien des fonds d’aide européens (Grèce, Irlande, Portugal et Chypre). Les conditions de « l’aide » étaient imposées par la « Troïka » (le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et la Commission européenne) dans ce que l’on appelle des « Mémorandums d’accord ». Partout, on a opéré des coupes drastiques dans les salaires et les allocations. Les impôts indirects ont été relevés. Le marasme socio-économique que laisse l’Europe derrière elle dans ces pays est énorme. En 2011, l’économie grecque a régressé de 7,1% tandis que le chômage a atteint quelque 25%. Il devient évident que la trajectoire d’austérité européenne n’a engendré que baisse de la croissance, augmentation du chômage et hausse de la pauvreté.

Les idéologues de l’austérité partent – à tort – de la logique suivante. Les pouvoirs publics n’étant pas considérés comme « solvables » paient un intérêt élevé sur les emprunts qu’ils contractent. C’est non seulement un problème pour les finances publiques, mais cela amène aussi les entreprises à payer des intérêts élevés et à cesser les investissements. En outre, les taux d’intérêt élevés incitent les citoyens à épargner plutôt qu’à consommer. Si l’on suit ce raisonnement, la dette publique est la cause de tous les maux. En réalité, il apparaît toutefois de plus en plus clairement que ce raisonnement ne tient pas la route. Pourtant, plus il y a d’austérité, moins il y a de croissance économique. Les syndicats ont également reçu le soutien d’un acteur inattendu. Dans la publication du World Economic Outlook 2012, Olivier Blanchard – l’économiste en chef du Fonds monétaire international – a admis qu’une « erreur » avait été commise dans les modèles économiques. L’impact (négatif) des économies sur la consommation et par conséquent sur la croissance économique est largement sous-estimé. En temps de récession, la consommation est plus que jamais liée aux revenus de ceux qui font tourner l’économie : les travailleurs et les allocataires sociaux. Pour être clair : une fois que le revenu descend sous un certain niveau, il n’y a d’autre choix que de moins consommer. L’Europe refuse de reconnaître cette logique cruciale. En effet, là où ni les pouvoirs publics ni les consommateurs ne dépensent de l’argent, la croissance est impossible.

Heureusement, le SETCa et la Confédération européenne des Syndicats proposent une véritable issue à la crise. Les salaires, allocations et dépenses sociales ne sont pas des « coûts » : ils aident à soutenir le pouvoir d’achat du plus grand nombre. Et en temps de crise, ce pouvoir d’achat est LE moteur de l’économie. Concrètement, nous proposons deux choses. Tout d’abord, l’Europe doit forcer l’Allemagne à rectifier sa politique salariale. La modération salariale allemande contribue à accentuer les déséquilibres dans la Zone Euro. L’Allemagne doit redevenir le moteur de l’Europe en soutenant les revenus des gens. Des salaires et des allocations de qualité sont à cet égard essentiels. Ensuite, nous soutenons le plan d’investissements ambitieux de la Confédération européenne des Syndicats. Les syndicats européens proposent d’investir 2% du PIB commun dans les voiries, l’enseignement et des mesures environnementales. C’est non seulement l’issue à la crise, mais cela permettra aussi d’en récolter les fruits pour des années encore. Les fonds sont issus d'emprunts obligataires pour les projets européens. Des simulations démontrent qu’11 millions d’emplois nouveaux sont dans la balance.

 

Récession ou 11 millions d’emplois nouveaux : à vous de choisir le 25 mai !

 

 

 

 

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