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26/06/2012 17:51 Imprimer

Communiqué de presse - 26/06/2012

Ministre de l'emploi : une autre approche, svp !

 
Ces derniers mois, la ministre de l’Emploi Monica De Coninck ne rate pas une occasion de donner sa vision sur des thèmes concernant les travailleurs. Rien d’anormal, direz-vous, en qualité de ministre de l’Emploi. Ce qui est moins normal : elle remet systématiquement en question, à cet égard, les droits des travailleurs. Elle ne s’en tient pas à des déclarations indigestes à propos de travailleurs ‘frauduleusement‘ malades ou de l’évolution salariale des employés. Elle voudrait aussi remettre en cause des CCT sectorielles déjà conclues.

 

Dans le dossier du chômage, il est manifeste que la ministre se retranche pleinement derrière le principe d’une dégressivité renforcée des allocations. Pour rappel : à compter du 1er novembre de cette année, cette mesure placera au bout d’un certain temps des milliers de chefs de ménage 31% en dessous du seuil de pauvreté européen et 12% en dessous de ce dernier pour les isolés. En revanche, silence radio intégral à propos des efforts promis pour donner une perspective d’emploi aux demandeurs d’emploi (par ex. en renforçant les formations).

Il en va de même pour la concrétisation de la réglementation relative aux fins de carrière. Nos propres services sont submergés de questions relatives à la problématique de la fin de carrière (notamment en ce qui concerne le crédit-temps et les emplois d’atterrissage). Comme avec d’autres ministres de ce gouvernement, il convient cependant d’attendre les mises en œuvre concrètes de ces mesures. Alors que de nombreux travailleurs sont dans l’incertitude, nous craignons que la ministre interprète les mesures gouvernementales de la manière la plus sévère qui soit.

Tandis que les travailleurs attendent en vain les arrêtés d’exécution des décisions prises fin de l’an passé, la ministre lance une idée après l’autre dans le cadre du débat sur la relance. Ses propositions ne dénoteraient pas dans un cahier de revendications patronal.

Les places de stage qui sont(seraient) prévues pour les jeunes ignorent par exemple complètement qu’il existe une multitude de statuts d’insertion dans lesquels il serait bon de d’abord mettre de l’ordre. L’idée de la ministre semble consister davantage à perpétuer la réalité actuelle que vivent la plupart des jeunes : travailler pendant des mois comme stagiaires en étant sous-rémunérés, voire pas rémunérés du tout, dans la plus grande incertitude, sans qu’aucune garantie d’emploi (et donc de revenu) y soit associée.

Dans des notes non encore publiées, elle plaide pour l’annualisation de la durée de travail, permettant ainsi ouvertement aux entreprises de ‘compenser le travail supplémentaire sans surcoût’, sans obligation de CCT. Les travailleurs à temps partiel souhaitant à l’avance des certitudes quant à leurs  plages horaires en seraient pour leurs frais, car les horaires ne devraient plus être repris dans le règlement de travail. Il ne s’agit probablement que d’une réflexion préparatoire, mais qui en dit long sur la manière dont la ministre souhaite exercer ses compétences.

Pour couronner le tout, il apparaît que la ministre a fait dresser une liste de CCT sectorielles qui dépasseraient la norme salariale imposée par le gouvernement. Il s’agit d’une atteinte à la concertation salariale sectorielle, consistant à remettre en cause des augmentations salariales convenues entre travailleurs et employeurs. Voilà qui promet pour l’automne.

Après avoir fait preuve, la semaine passée, de compréhension à l’égard de l’inquiétude des employeurs quant à la ‘fraude’ des travailleurs en cas de la maladie (après l’arrêt de la Cour européenne à propos des droits de vacances en cas de maladie), elle se distingue à nouveau aujourd’hui en affirmant qu’il serait bien de rémunérer un peu moins les travailleurs âgés. En rompant le lien entre l’âge et l’ancienneté, elle espère éviter qu’en cas de restructuration, les employeurs mettent invariablement les employés âgés à la rue. Elle oublie à cet égard que ce lien est déjà rompu depuis longtemps : dans toutes les commissions paritaires, seule l’expérience professionnelle ou l’ancienneté précédemment constituées entrent encore en ligne de compte, plus l’âge. Les employeurs ont dans ce cadre assez bien de liberté  pour déterminer s’ils souhaitent plutôt récompenser l’expérience précédemment acquise ou non. Nous constatons aussi tous les jours que la tension salariale plus limitée chez les ouvriers ne permet certainement plus de réduire l’exode chez les plus âgés d’entre eux. L’utilisation abusive du débat de la fin de carrière pour toucher aux salaires des employés est une piste dangereuse et complètement inacceptable.

Au SETCa, la ministre de l’Emploi, censée veiller au bien-être des travailleurs de notre pays, perd de sa crédibilité à vive allure. Le SETCa est disposé à entamer un dialogue constructif avec la ministre à propos de tous les dossiers, mais force est à chaque fois de constater que cela ne l’intéresse absolument pas. Ça promet ! En effet, il va falloir aborder le dossier de l’harmonisation des statuts entre ouvriers et employés. Un dossier que le SETCa a suivi et continuera de suivre de près. Si la ministre s’imagine que nous allons rester sur la touche, elle se trompe !

 

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