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18/09/2009 11:14 Imprimer

Master Card

MasterCard : « La crise, une carte à jouer pour faire passer les licenciements »

 

Entreprise : MasterCard Europe
Domaine : cartes de crédit et paiements électroniques
Localisation : Waterloo, Brabant Wallon
Travailleurs touchés : 134 sur environ 600 employés

 

1 travailleur sur 4. Rien de moins. Le 2 septembre, quand la multinationale annonce une restructuration, elle y va fort. Les consommateurs utiliseraient-ils moins souvent leurs cartes de paiement ? C’est l’inverse. Alors, comment expliquer un tel plan ? Entretien avec André Borremans, informaticien, délégué principal chez MasterCard.


La cause de ces licenciements, c’est vraiment la crise ?

La crise constitue un prétexte. Les derniers chiffres sont bons. Lors du dernier trimestre, malgré le contexte économique, MasterCard Europe a encore réussi à atteindre un bénéfice de 4%. Alors supprimer d’un coup, 134 emplois, ça ne tient pas la route.

Que cause cette restructuration, alors ?

Avant leur rachat par MasterCard en 2001, Europay avait son propre réseau. Les informaticiens se sont attelés à migrer ce réseaux vers le réseau Mastercard. Une procédure minutieuse prévue jusqu’à fin 2009. 

Il y avait donc du temps pour anticiper la suite…

Exactement ! Dès 2005, en Conseil d’entreprise, nous avons régulièrement insisté auprès de la direction pour que de nouveaux projets soient attribués aux informaticiens. On nous a toujours répondu évasivement : « Ne vous en faites pas », « On a encore bien le temps », « On verra ». Et puis, la direction annonce subitement qu’elle veut les licencier, purement et simplement, avec en plus des collègues du service « Academy ».

Comment ont réagi vos collègues ?

Très surpris. On pensait qu'il y aurait une réduction d'effectifs, mais pas d’une telle ampleur. Chez MasterCard, il avait déjà eu des licenciements, mais par à-coups, 10 ou 20 personnes par ci par là. Aujourd’hui, en une fois, 134 travailleurs actifs depuis 15 ans en moyenne sont menacés. Les travailleurs ont permis la floraison de leur entreprise et sont drôlement bien remerciés aujourd’hui.

Outre 118 informaticiens du service Global Technology & Operations, le plan concerne aussi l’unité « Business »…

Il s’agit notamment des formateurs. La direction dit vouloir les remplacer en grande partie par des ordinateurs, du e-learning. Comment les personnes formées vont-elles faire pour poser leurs questions à leurs écrans ?

Qu’allez-vous négocier ?

En négociant, on va tout faire pour éviter un maximum de licenciements. Pour ceux qui devraient partir, nous voulons un préavis correct. Ne soyons pas dupes : la marge de manœuvre est étroite. Les ordres viennent sans doute d’en haut, du siège américain. Il faudra donc se battre.