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14/02/2017 10:10 Imprimer

L’insupportable légèreté des nouvelles

 

Les nouvelles vont vite, faites-en bon usage. Voilà à peu près la devise du gouvernement Michel : abuser du traitement superficiel des informations par les journalistes pour faire passer son propre message. S’inspirent-ils à ce sujet de certains « dirigeants mondiaux » (vous pouvez aisément compléter par vous-même à qui nous pensons) ? Nous ne nous prononcerons pas sur le sujet.

 

La Banque nationale de Belgique et le Bureau du Plan ont de « bonnes » nouvelles

D’après le rapport annuel de la Banque nationale de Belgique (BNB) et les dernières prévisions du Bureau du Plan, tout va pratiquement pour le mieux dans notre pays. La croissance économique se redresse, la création d’emplois suit cette tendance, le pouvoir d’achat augmente, le chômage diminue, etc. Et bien sûr, le lien est rapidement tiré avec la politique du gouvernement Michel.


Les présidents de la FGTB et de la CSC savent pourtant ce qu’il en est. En tant que régents de la BNB, ils n’ont dès lors pas signé le rapport annuel. Loin de nous l’idée de prétendre qu’il n’y a aucune évolution favorable en matière d’économie et d’emploi. Et cela nous nous en réjouissons évidemment, puisque cela ne peut que profiter aux travailleurs. Mais déclarer à présent que ces améliorations sont à mettre sur le compte du gouvernement Michel nous semble aller un peu trop loin.
En effet, il est clair que le contexte international et la croissance dans un certain nombre de pays européens constituent le moteur de l’amélioration de la situation économique dans notre pays. L’économiste Paul De Grauwe partage également cette opinion. Selon lui, il est même surréaliste d’affirmer que les meilleurs chiffres économiques seraient l’œuvre du gouvernement belge. Sans oublier que les nouveaux emplois sont souvent de moindre qualité : temps partiels, temporaires, intérims, etc.


Tout n’est pas rose

Le rapport de la BNB a consacré beaucoup moins d’attention à d’autres facettes moins positives de la situation économique. Le « tax shift » du gouvernement Michel n’a toujours pas été financé, provoquant un trou gigantesque dans le budget, qui n’a pas été compensé par d’autres recettes. Nous sommes plus qu’attentifs au contrôle budgétaire qui sera effectué fin mars, début avril. À cet égard, nous continuons d’enfoncer le même clou : la population de notre pays a besoin d’une fiscalité plus juste et d’une sécurité sociale fédérale forte.


Le même jour que la présentation du rapport annuel de la BNB, d’autres chiffres ont également été publiés, à savoir que le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration augmente énormément. Le fait que la politique du Gouvernement est sans conteste responsable de cette situation a en revanche été beaucoup moins mis en lumière dans les médias. Les parents isolés et les exclus du chômage se retrouvent ainsi rapidement sous le seuil de pauvreté. Ici, le Gouvernement s’abstient bien d’envoyer des messages victorieux au monde entier.


Plus de pouvoir d’achat et de meilleurs emplois

En tant que syndicats, nous allons déjà utiliser les leviers dont nous disposons pour agir nous-mêmes. Durant les négociations sectorielles qui approchent à grands pas, nous défendrons davantage de pouvoir d’achat, sous la forme d’un salaire brut, et des emplois supplémentaires. Des augmentations salariales brutes doivent entraîner une hausse du pouvoir d’achat, ce qui est bénéfique pour l’économie et le renforcement de la sécurité sociale.


Nous veillons également à ce que l’on porte attention à une bonne organisation du travail, où des contrats à durée indéterminée constituent la norme. C’est la seule manière d’obtenir un emploi durable et une sécurité pour les travailleurs. Aux Pays-Bas, l’équilibre s’est déplacé vers le « flex » depuis longtemps, et que constate-t-on ? De plus en plus de voix s’élèvent avec le temps pour dénoncer que cette situation est non seulement néfaste pour les travailleurs (financièrement et psychologiquement), mais également pour les employeurs, car une productivité plus basse et une innovation en baisse vont de pair avec davantage de flexibilité. Des emplois durables et bien payés, en revanche, donnent des travailleurs motivés.
Nous continuons d’opter pour un emploi durable et la sécurité comme base de notre modèle social et pour celui-ci. 

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