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29/09/2015 14:10 Imprimer

L’euro doit être réformé

 

Les dramatiques évènements de l’été poussent même les plus grands europhiles à l’introspection. La façon dont l’Europe a imposé une décision à l’un de ses États membres est sans précédent. L’euro a été créé pour tisser des liens entre les peuples et les gens, mais la politique d’austérité néo-libérale – menée au nom de la monnaie – entraîne une polarisation toujours plus importante. Pour le SETCa, la conclusion est claire : l’euro doit subir une refonte. En effet, une Europe sans pilier social est vouée à l’échec. Nous exposons ci-après les grandes lignes d’un ambitieux « euroréformisme ».


Trop d’austérité sape l’économie

Cet été, la société grecque s’est vu prescrire un régime draconien pour la troisième fois. La fameuse formule d’Einstein semble une fois de plus se vérifier : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre malgré tout à un résultat différent ». Le dernier plan de sauvetage prescrit en effet la même politique erronée, à savoir une spirale négative d’endettement, de pouvoir d’achat en baisse et de récession. L’Europe doit dès lors modifier sa politique budgétaire et apprendre à être sévère quand cela va bien, et douce quand cela va mal. Les nouvelles conditions imposées à la Grèce mineront toute reprise de l’économie.


Investir pour l’avenir

Durant les années de crise, nous avons constaté, malgré le faible taux du marché, un énorme recul des investissements publics et privés. La Confédération européenne des Syndicats (CES) avance dès lors un plan d’investissement de grande envergure, à hauteur de 2% du PIB commun. À la fin de l’année passée, la Commission Juncker a lancé un plan d’investissement d’une valeur de € 315 milliards. Il n’est toutefois question que de € 21 milliards d’investissements publics. Pour le SETCa c’est « trop peu, trop tard », la Commission européenne doit avancer des plans bien plus ambitieux.


La solidarité, ciment de la zone euro

Dernier point, et pas des moindres, une monnaie ne peut survivre sans solidarité. Dans la zone euro, l’effort d’austérité incombe quasi entièrement aux États membres, ce qui les entraîne dans un cercle vicieux de dettes et de récession. Une solidarité européenne structurelle – et par là, nous n’entendons pas des plans de sauvetage – est la seule réponse possible. Différentes pistes de réflexions sont sur la table : euro-obligations, soutien aux régimes de chômage mutuels, etc. Sans réformes, les oppositions entre les pays centraux (dont l’Allemagne) et les pays de la périphérie (dont la Grèce) resteront importantes.


L’histoire n’est pas finie

Les prochains mois seront à nouveau cruciaux pour l’avenir de l’Europe. Après la Grèce, des élections sont également prévues au Portugal et en Espagne. Dans ces pays, la demande d’un changement de cap européen et d’une réduction de la dette est bien présente. La réponse de la zone euro ne peut être une nouvelle copie d’une politique qui a déjà échoué. En bref, l’euro doit subir une réforme.

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