Bonne année !

Les vœux de Nouvel An restent importants. Malgré la situation économique difficile dans laquelle nous nous trouvons. Malgré la disparition de dizaines de milliers d'emplois. Malgré la misère touchant de plus en plus de Belges. Malgré la pression exercée sur nos acquis, de nos salaires à notre statut. Malgré la mondialisation de l'économie et le changement climatique qui pèsent sur notre avenir.
Les vœux de Nouvel An restent importants. Parce que nous estimons que les choses peuvent et doivent changer. Parce que nous ne sommes pas fatalistes. Parce que nous sommes nombreux à vouloir changer les choses. Parce qu'ensemble, nous sommes et restons "plus forts".
Les défis pour l'année à venir sont immenses. La crise économique est loin d'être finie. On prévoit des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires. Des restructurations ou fermetures d'entreprises continueront d'être annoncées. Et en 2010 aussi, de nombreux travailleurs seront à nouveau remerciés. Malgré lesdites mesures anticrise.
Le gouvernement reconduit les mesures et les adapte
Dans le cadre des mesures anticrise, le gouvernement a décidé mardi soir (le 15 décembre) de prolonger pour 6 mois le chômage temporaire des employés. Dans un certain nombre d'entreprises, ces mesures de crise peuvent contrer temporairement les conséquences de la crise économique pour les employés.
Il est apparu qu’il n’était pas possible de trouver directement un accord avec les employeurs dans ce domaine. Ces derniers continuent en effet de refuser une amélioration fondamentale du statut ouvrier. Un des aspects importants à cet égard se situe au niveau des délais de préavis auxquels les ouvriers ont légalement droit : 56 jours si vous comptez plus de 20 ans de service. Soit donc un maximum de deux mois. Pour nous, un délai de préavis raisonnable doit être une protection contre le (les conséquences du) licenciement. Et, assurément en temps de crise, les ouvriers doivent pouvoir compter aussi sur un délai de préavis tel que les employés le connaissent.
Ces deux dossiers sont étroitement liés. Lors de l’introduction du chômage temporaire pour les employés, le gouvernement avait été clair : un prolongement ne pourrait intervenir que dans la mesure où un pas important serait fait dans l’élimination des différences entre ouvriers et employés. Un pas que les employeurs ont cependant refusé de poser. Le gouvernement a pris dès lors deux décisions qui s’appliqueront jusqu’au 30 juin 2010.
Une protection symbolique contre le licenciement, mais pas sans importance, vient s’ajouter pour les ouvriers. Dans certains cas, ils recevront une prime supplémentaire de 1666 EUR, payée par les pouvoirs publics. En principe, l’employeur devrait en rembourser le tiers.
Pour les employés, cette décision gouvernementale a pour conséquence que le chômage temporaire reste possible jusqu’au milieu de l’année prochaine. Le gouvernement a heureusement apporté quelques améliorations au dispositif. Ainsi, vous aurez au moins droit dans ce cas à une indemnité de 5 EUR par jour, à payer par l’employeur. Des exceptions sont possibles, mais uniquement après concertation et avec contrôle par les syndicats.
Plus pour les ouvriers ne veut pas dire moins pour les employés
La manifestation organisée par la FGTB a eu malgré tout un certain effet. Entre-temps, le dossier de l’harmonisation des statuts reste intégralement sur la table des partenaires sociaux. L’élimination des différences reste bien sûr au centre des débats. A cet égard, le relèvement des délais de préavis des ouvriers demeure bel et bien le point le plus important. Nous continuons d'affirmer que l'on ne peut toucher au statut global des employés.
2010 doit être une année charnière importante : une économie durable, pilotée par le pouvoir politique, doit créer des emplois et de la prospérité ; notre sécurité sociale fédérale doit être sécurisée ; l'harmonisation des statuts doit prévoir plus de protection pour les ouvriers et pas moins pour les employés. Comme nous le disions donc, bonne et heureuse Année 2010 !
Le Secrétariat fédéral du SETCa