SETCa > News > « L’essentiel : revenir à chaque fois à l’écoute du terrain » | L'interview de Christian Masai

18/04/2018 15:04 Imprimer

Christian Masai | L'interview :  

 

 
Le 30 avril sera le dernier jour de travail de notre Secrétaire Fédéral Christian Masai. Il est tombé dans la marmite du Non Marchand il y a 42 ans, lorsqu’il est devenu animateur socio-culturel au sein la Maison de la Culture de Tournai. Il y est resté durant 18 ans, avant de devenir Secrétaire Permanent au SETCa Wallonie Picarde pendant 12 ans. Depuis 2006, il a rejoint le SETCa Fédéral et est en charge des secteurs fédéraux et de la partie francophone du Non Marchand. A la veille de commencer sa deuxième vie et de rejoindre Tournai, sa ville natale – mais aussi sa ville de cœur - , il nous livre ses impressions et ses souvenirs les plus marquants. Rencontre avec un syndicaliste multifacettes qui a représenté avec force et passion ceux qui représentent les « métiers du cœur ».


Vous avez assisté à la naissance de la concertation sociale dans le secteur de la culture.  Cela a-t-il été un moment décisif dans votre parcours ?

Christian Masai : « Lorsque j’ai commencé à travailler, la commission paritaire 329.02 – NRLR la CP du secteur socio-culturel – n’existait pas encore. Le secteur était tout simplement ignoré du monde politique et économique. La naissance de cette CP a été un grand moment : la culture au sens large du terme était enfin reconnue comme un pan essentiel de notre société. Ensuite, il a fallu construire petit à petit un référentiel en terme de fonctions, de conditions de travail et de rémunération - comme on a pu le faire dans tous les autres secteurs du Non Marchand. J’étais alors un militant non-protégé, simplement actif en fonction de mes convictions. »


Vous êtes ensuite devenu secrétaire permanent. Et le moins qu’on puisse dire c’est que vous avez eu du pain sur la planche !

C.M. : « L’une de mes grandes satisfactions, en complicité avec Jean-Marie Léonard, c’est d’avoir pu peser sur la législation en matière de durée du travail dans les maisons d’éducation et d’hébergement. A l’époque, on se trouvait dans un espace fort peu contrôlé. Certains travailleurs avaient des horaires assez élastiques : ils pouvaient commencer à travailler le vendredi soir et ne sortir de l’institution que le lundi matin. Les heures de nuit n’étaient pas toutes comptabilisées, etc. Il a fallu faire un réel forcing pour ramener cette organisation du temps de travail dans l’espace légal traditionnel (en acceptant évidemment qu’il y ait des prestations de nuit et/ou irrégulières mais dans un cadre qui reste raisonnable et qui tienne compte à la fois de l’intérêt du travailleur et du bénéficiaire). Ce combat a été difficile non seulement vis-à-vis des employeurs mais aussi du personnel. A l’époque, les salaires étaient très bas. Cette extrême flexibilité contentait beaucoup de gens puisqu’elle permettait de condenser exagérément les prestations (le weekend par exemple) pour pouvoir cumuler un autre job la semaine et s’assurer ainsi un plus grand revenu. Il a fallu faire preuve de pédagogie vis-à-vis des travailleurs pour leur faire comprendre les enjeux. Parallèlement aux négociations autour d’une organisation du travail plus structurelle, nous avons également entamé la concertation sociale autour d’une harmonisation et une revalorisation des salaires. »

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