SETCa > News > "L'essentiel : revenir à chaque fois à l'écoute du terrain" | L'interview de Christian Masai (-3)

18/04/2018 15:10 Imprimer

Christian Masai | L'interview (-3)

"L'essentiel : revenir à chaque fois à l'écoute du terrain"

 

Un dossier dont on va beaucoup entendre parler dans les prochains mois est celui de IFIC, la nouvelle classification de fonctions et de barèmes dans les soins de santé. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C.M. : « La première fois où nous avons imaginé ce nouveau modèle, il valait plus d’un milliard d’euros. Nous sommes finalement arrivés à un budget de 400 millions d’euros à terme. L’ambition du départ a donc largement été rattrapée par la réalité financière et économique. Dans l’immédiat, y a 95 millions d’euros sur la table. Lors des discussions, j’ai été intransigeant sur deux aspects essentiels : revaloriser les barèmes les plus faibles et mettre en place de façon concomitante tous les éléments du dispositif IFIC (c’est-à-dire la définition de la nouvelle classification de fonctions, le nouveau modèle salarial et leur implémentation). C’était fondamental pour ne pas aboutir à un marché de dupe pour les 150.000 travailleurs concernés. Ceux-ci ne seront pas obligés d’entrer dans le nouveau dispositif. On leur laisse le choix, selon leur intérêt et le moment où ils se trouvent dans leur carrière. »

 

Les manifestations du secteur Non Marchand suscitent généralement beaucoup d’engouement. Comment expliquez-vous cela ?

C.M. : «Les valeurs communes qui relient les travailleurs du secteur sont très fortes, leur regard est ouvert sur le monde et sur les autres, ce qui peut expliquer le taux de participation élevé lors de certaines actions.  Il y a une vraie intention solidaire entre eux malgré la multitude de métiers, de sous-secteurs et d’interlocuteurs. Cela crée parfois une certaine ambivalence : l’envie d’être tous ensemble même si chacun fait face à des réalités différentes. »

 

Quelle a été votre ligne de conduite tout au long de ces années ?

C.M. : « C’est d’avoir la modestie de revenir à chaque fois à l’écoute du terrain… Mon parcours relève plus du hasard que d’un plan de carrière. Dans toutes les actions que j’ai menées, les décisions - parfois lourdes - qu’il fallait prendre, j’ai toujours essayé de prendre le recul nécessaire pour que cela colle à la vision et la réalité des travailleurs.  Il y a des lignes de force qu’on ne peut voir qu’en restant proche du terrain, en discutant avec les délégués, en se rendant à un piquet lors d’un conflit, etc. C’est une démarche parfois fastidieuse mais indispensable à la construction de son jugement et à la prise de décision. Je tiens à remercier tous ces travailleurs, travailleuses, militants et militantes rencontrés tout au long de ma carrière pour la richesse de leurs apports.»  

Share/Bookmark