L’ensemble du personnel du secteur du commerce mérite les mêmes droits
Le SETCa profite de la suspension des négociations sectorielles durant l'été pour mener une campagne auprès du personnel et des clients. Plus de 200.000 personnes travaillent dans le secteur du commerce et le travail presté est semblable dans différentes fonctions. Pourtant, leurs conditions de travail ne sont pas du tout les mêmes car le secteur compte pas moins de cinq types de conditions de travail. Les négociations sectorielles offrent une possibilité d’améliorer cette situation.
Toujours les soldes pour les employeurs
Quand on fait les magasins, on est surtout attentif au prix. On cherche alors le magasin qui peut proposer un prix intéressant. Les employeurs font la même chose. Mais il ne cherchent pas des vêtements bon marché ou une promotion intéressante sur des meubles de jardin… mais bien du personnel soldé.
Il existe en Belgique 5 types de conditions de travail pour les employés du secteur du commerce, appelés « commissions paritaires ».Certains employeurs laissent de plus en plus souvent leur conscience de côté et font leur shopping parmi ces 5 commissions paritaires, notamment en créant artificiellement des entreprises indépendantes séparées de la société mère. Cela donne un système où un employé effectue le même travail que son collègue mais à des conditions de travail pouvant être 25 % moins favorables. Des soldes ?Non :un dumping et une dérégulation purs et simples !
L’exemple le plus extrême date d’il y a quelques années, quand Carrefour voulait ouvrir un énorme supermarché de 14.000 m² dans la commission paritaire pour le commerce de détail alimentaire. Mais cette tendance se manifeste aussi dans les autres chaînes : les nouveaux magasins sont presque toujours exploités par un indépendant ou hébergés dans une structure d’entreprise séparée, de sorte que le personnel travaille dans les conditions les moins intéressantes du secteur.
Pas seulement les salaires
Et les différences sont bien réelles. En termes de temps de travail par exemple. Ainsi, un employé à temps plein dans les soi-disant « petits commerces » (qui dans la pratique peuvent être très grands) travaille 3 heures de plus par semaine. Pour de nombreux employés du commerce de détail indépendant, aucune majoration n’est prévue pour le travail presté le samedi et le dimanche ou pour les heures prestées après 18h. Dans les grands magasins (ressortissant à la CP 312), les employés reçoivent une compensation de 50 % voire 100 % pour ce genre de prestations. Et dans le secteur du commerce, les salaires ne sont jamais élevés, même si certaines commissions paritaires sont encore plus mal loties que les autres.
Des règles du jeu honnêtes
Le SETCa plaide dès lors pour une simplification des règles. Le nombre de types de conditions de travail doit diminuer et entraîner à terme une diminution du nombre de commissions paritaires. Ce changement devra s’opérer étape par étape. Le SETCa souhaite franchir une première étape dans les négociations sectorielles pour revoir à la hausse les conditions de travail du personnel des magasins. C’est la raison pour laquelle le cahier de revendications prévoit spécifiquement de porter le sursalaire pour les prestations flexibles au meilleur niveau : celui de la commission paritaire 312.
C’est également important pour les employeurs. Car en ce moment, les entreprises qui respectent bien les règles du jeu sont injustement sanctionnées. En effet, ce ‘shopping de CP’ permet à l’heure actuelle à un concurrent d’ouvrir des magasins dans la même région en faisant travailler le personnel dans des conditions moins favorables (ce qui lui coûte donc moins cher).
Dès lors, nous ne comprenons pas que les employeurs du secteur du commerce n’aient pas profité des négociations sectorielles pour faire un premier pas vers une simplification et une harmonisation des conditions de travail. L’objectif de notre campagne de cet été a pour but de sensibiliser les travailleurs et les consommateurs à cette problématique et de mettre ainsi la pression sur la fédération patronale COMEOS.

Le secteur du Commerce en quelques chiffres
- CP 201 commerce de détail indépendant = 87.329 travailleurs
- CP 202 commerce de détail alimentaire = 50.965 travailleurs
- CP 311 grandes entreprises de vente au détail = 45.324 travailleurs
- CP 312 grands magasins = 12.967 travailleurs
- Auxquels il faut encore ajouter les travailleurs de la sous-commission paritaire 202.01, pour les moyennes entreprises d’alimentation.