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12/06/2018 14:16 Imprimer

Le SETCa au congrès de la FGTB Fédérale : Pour le changement et pour la solidarité !

Les militants et représentants du SETCa étaient présents en nombre au Congrès Fédéral de la FGTB, qui s’est tenu du 30 mai au 1er juin dernier au Heysel. L’occasion, pour les 1200 participants, de faire le point sur les 4 années qui viennent de s’écouler sur le plan syndical, d’analyser le contexte politique et social dans lequel nous nous trouvons actuellement, de confronter les idées,  de tracer les lignes de force du futur mais aussi d’attirer l’attention sur toute une série de défis et de menaces imminentes. Ce congrès a été jalonné par de nombreux échanges et interventions de qualité à la tribune. Notre président Erwin De Deyn et notre Vice-Présidente Myriam Delmée sont tous deux intervenus au nom du SETCa Fédéral pour délivrer un message fort, réaliste et  tourné vers l’avenir.

Notre président a appelé à ne pas être fatalistes et à continuer de développer notre contre-pouvoir. « Ces dernières années, nous nous sommes opposés avec force à la politique du gouvernement de droite et à sa politique d’austérité. Nous avons mené des actions contre la réforme des pensions, le démantèlement de la prépension, le saut d’index, le détricotage de notre sécurité sociale, la fiscalité injuste, l’accroissement de la flexibilité… Aujourd’hui aussi, nous devons continuer à nous opposer en permanence au démantèlement social, ce qui se traduira dans les semaines et mois à venir par d’autres actions contre la réforme des pensions de ce gouvernement fédéral de droite. À cet égard, il est essentiel que nous protégions, et même renforcions, nos droits syndicaux. Notre rôle dans la concertation sociale est par ailleurs très important dans cette optique. C’est ce modèle qui permet encore de contenir les inégalités en Belgique. Nous devons le préserver et le développer. Il est à cet effet nécessaire d’établir des rapports de force et de les utiliser en fonction d’objectifs clairs. En outre, un renforcement de la concertation interprofessionnelle est également essentiel pour représenter tous les travailleurs, parmi lesquels les nombreux travailleurs de notre pays occupés dans des PME et qui ne bénéficient toujours pas à l’heure actuelle du luxe que constitue la concertation sociale. »

Il a été répondu à cet appel par une adaptation des résolutions : dans les mois à venir, la FGTB s’attellera à un plan d’action pour concrétiser notre représentation syndicale dans les PME.

Enfin, Erwin De Deyn s’est exprimé sur les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui :

« La numérisation n’a pas seulement des conséquences importantes sur notre vie quotidienne, le monde du travail s’en trouve aussi profondément changé. La FGTB n’y échappe pas. Au sein de notre organisation, nous devons chercher des mécanismes de gestion adaptés, en prêtant une attention particulière à la communication. »

« La réforme des commissions paritaires, les élections sociales et la question des collèges électoraux, la suite de l’harmonisation des statuts… nous obligent à recourir au principe d’une centrale par secteur. L’accord récemment conclu entre le SETCa et la Centrale Générale indique à cet égard la direction à suivre. Une centrale par secteur, cela signifie une seule voix pour tous les travailleurs, indépendamment de leur statut. Cela contribuera à une concertation sociale plus efficace, à une plus grande unité et à un contre-pouvoir plus fort. » 

La vision claire d’un avenir meilleur pour tous !

Il y a quelques semaines d’ici, le conflit chez Lidl battait son plein. Après 8 jours de grève et de tensions, le personnel obtenait finalement gain de cause. Myriam Delmée a vécu ces moments difficiles aux côtés des travailleurs. Lors de son intervention à la tribune, elle a salué le combat admirable que ceux-ci ont mené ainsi que la solidarité et la ténacité dont ils ont fait preuve :

«Le cas des travailleurs de Lidl et ce qu’ils dénoncent est l’exemple même du modèle d’entreprise que ce gouvernement veut mettre en place : des travailleurs qui soient les plus modulables et les plus précaires possible… Les recettes politiques appliquées ces dernières années n’ont fait qu’appauvrir les plus faibles, détricoter la sécurité sociale et détériorer les conditions de travail. C’est tellement lâche ! Il suffit de regarder la liste des mesures mises en œuvre : annualisation du temps de travail, assouplissement des règles en matière de travail à temps partiel, élargissement des jobs étudiants, création de sous-statuts de ‘flexijobistes’ et du travail dit ‘associatif’, augmentation de la flexibilité, chasse aux chômeurs et aux malades de longue durée, recul de l’âge à la pension... Si l’on continue sur cette voie et si l’on continue à banaliser toutes ces recettes profondément antisociales, je me demande quelle société nous allons réserver aux jeunes demain. Est-ce que nous voulons d’une société où les étudiants doivent travailler pour pouvoir payer leurs propres études, où les parents doivent cumuler plusieurs jobs pour pouvoir (sur)vivre, où l’on peine à se soigner car cela coûte trop cher, où les malades et les chômeurs sont catalogués de fainéants? ».

Pour la Vice-Présidente du SETCa, il n’en est pas question : « Travailleurs, demandeurs d’emploi, hommes, femmes, jeunes ou plus âgés, en incapacité de travail ou en bonne santé, nous avons tous le droit à la dignité. Une autre politique est possible : nous devons continuer à nous battre pour des jobs de qualité, pour une sécurité sociale forte qui protège les plus faibles et pour une fiscalité plus équilibrée. Nous avons des alternatives en ce sens et elle sont réalisables. Place au changement, au respect des travailleurs et des citoyens, place à une société où l’humain et la solidarité sont centraux. »

Les deux secrétaires fédéraux SETCa en charge du Non Marchand ont eu aussi pris la parole afin de tirer la sonnette d’alarme sur la situation de leur secteur et sur les conséquences de la politique actuelle pour les travailleurs et pour les citoyens.

Jan-Piet Bauwens de préciser : «  Ce congrès a porté l’attention voulue au Non marchand. C’est nécessaire, car il s’agit d’un secteur important. Un secteur sujet à d’importants glissements et d’importantes menaces. Ainsi, à la suite de la sixième réforme de l’État, presque 100.000 travailleurs sont passés du niveau fédéral au niveau des régions, notamment dans les soins aux personnes âgées. Nous sommes tout de même encore parvenus à conclure un accord fédéral pour plus de 200.000 travailleurs. Cependant, malgré cette avancée, la vigilance reste de mise. En effet, notre secteur est menacé par les économies de ce gouvernement, il suffit de penser à l’autorisation des emplois occasionnels dans les soins et à la marchandisation. »

C’est ce que nous confirme également Nathalie Lionnet : « Les restrictions économiques imposées par le gouvernement ont un impact sur la qualité des soins et des services proposés aux personnes. Lorsque l’on a 7 minutes top chrono pour faire la toilette d’un patient, ce n’est tout simplement pas tenable… Les travailleurs sont en souffrance : leur mission première est d’être au service des gens et de les aider. Actuellement, ils doivent le faire dans des conditions inadmissibles, qui sont en totale contradiction avec les valeurs fondamentales qu’ils représentent. Le secteur Non Marchand, qui a si souvent été malmené ces dernier temps, est pourtant un fondement de notre société. Nous sommes tous concernés. Les travailleurs qui y sont occupés nous accompagnent chaque jour, avant même notre naissance lorsque nous sommes encore in-utero, et jusqu’à notre dernier souffle… Il est temps de changer de cap. Il faut à tout prix préserver le secteur si nous voulons une société plus humaine et plus juste. »

Enfin, le secrétaire général Jean-Michel Cappoen, en charge du secteur des finances, a pris la parole. Il a présenté la motion d’actualité concernant le maintien de la participation de l’État dans Belfius. Le vote a fait apparaître clairement que, pour la FGTB, Belfius doit rester dans les mains de l’État.

Jean-Michel Cappoen : « Belfius doit conserver son ancrage belge et rester au service de la population et des pouvoirs publics locaux. C’est dans l’intérêt de chacun que la banque reste en bonne santé financière. Belfius dispose d’une expérience unique de collaboration avec les pouvoirs publics qui risque d’être perdue s’il est question de mise en bourse. Le modèle économique de la banque a déjà démontré son utilité sociétale. Les citoyens peuvent investir dans leur environnement direct, ce qui resserre le lien entre la population et les pouvoirs publics locaux. Ce modèle garantit par ailleurs un prix correct pour le client. Aujourd’hui , les dividendes de Belfius (300 millions d’euros en 2017) reviennent dans les caisses de l’Etat, pas dans les poches des actionnaires.  Une mise en bourse pourrait en outre signifier d’éventuelles économies au détriment du personnel et des clients. N’oublions pas que cela a été par le passé une des causes de l’effondrement de Dexia. En effet, la pression pour réaliser des bénéfices au profit des actionnaires a poussé à prendre des risques inconsidérés. Nous exigeons dès lors le maintien de l’ensemble de l’actionnariat de Belfius dans les mains de l’État belge ! ». 

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