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19/09/2018 12:41 Imprimer

La conférence UNI Europa de Vienne insufflera-t-elle une nouvelle vie à la lutte historique pour plus de temps libre ?

 

Lundi 11 et mardi 12 septembre, l’heure était au rassemblement au siège de notre syndicat-frère GPA-djp. Une petite centaine de syndicalistes affiliés à la fédération européenne des syndicats des services, UNI Europa, se sont réunis pour l’occasion. À l’ordre du jour : concertation sociale et temps de travail dans le nouveau monde du travail. En arrière-fond : l’attaque du gouvernement de(d’extrême) droite Kürz envers le temps (libre) des Autrichiens. Un bon siècle après l’introduction de la journée de huit heures, il sera à nouveau possible en Autriche de faire travailler 12 heures par jour, dans le cadre d’une semaine de travail de 60 heures. Il est grand temps de reprendre l’offensive. C’est ce qu’a plaidé ardemment Erwin de Deyn, président du SETCa, devant un public dont les regards ne pas toujours tournés vers une même et forte démarche de réduction du temps de travail. Une déclaration en matière de (réduction du) temps de travail a néanmoins été adoptée au terme de cette conférence de deux jours. 
 

Nous connaissons entre-temps le diagnostic, à savoir que de plus en plus de travailleurs doivent travailler de plus en plus longtemps, tandis que d’autres, souvent involontairement, doivent se creuser la tête pour obtenir un revenu avec de faibles temps de travail. Le travail infiltre et colonise de plus en plus la vie privée et de famille à l’aide du smartphone et d’autres gadgets numériques, tandis que d’autres encore sont (semblent être) enfermés à temps plein dans les statistiques du chômage. Le « fantôme » de la numérisation et de la robotisation menace par ailleurs l’emploi de bien des travailleurs.
En bref : le nouveau monde du travail est à couteaux tirés avec la (re)distribution du temps dans et en dehors du travail. Le remède ? Remodeler les régimes de temps de travail par voie de négociations collectives.


C’est à tout le moins le principe derrière lequel se sont rangés tous les syndicats européens affiliés à UNI Europa par la Déclaration de Vienne. Ceci implique avant tout d’aspirer à une redistribution équitable du temps de travail par le biais d’une réduction collective du temps de travail avec maintien de la rémunération et création d’emplois supplémentaires.
Dans une deuxième phase, l’ambition est d’adapter le temps de travail aux défis spécifiques propres aux différentes phases de la vie. Il convient de libérer à nouveau du temps pour une vie sociale et de famille. La souveraineté du temps est ici le mot-clé.


Enfin, le temps de travail doit aussi être organisé en fonction de l’apprentissage tout au long de la vie, qui accroît l’employabilité des travailleurs. Les employeurs ont également à y gagner à cet égard, car cela ne peut que profiter à la productivité.


Le secteur des services est un secteur hétérogène. En outre, les différences institutionnelles en matière de législation du travail, de dialogue social et de négociations collectives entre les pays européens sont telles qu’une réduction collective du temps de travail & des régimes de travail novateurs ne pourront être mis en œuvre directement de façon uniforme. Le président du SETCa Erwin De Deyn a toutefois plaidé en faveur d’une campagne commune et simultanée dans toute l’Europe, sur laquelle il sera possible de mobiliser dans le but de de placer la réduction collective du temps de travail à l’ordre du jour de la concertation sociale. Les syndicats d’UNI présents ont rapidement adhéré à cette option, qui va désormais être développée plus avant.


Enfin, les responsables syndicaux des quatre coins de l’Europe ont signé une carte blanche à l’attention du chancelier Kürz, qui est pour l’instant aussi président du Conseil européen, où la protestation gronde contre la nouvelle législation autrichienne permettant des prestations jusqu’à 12h par jour et 60h par semaine. Car la solidarité paie !

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