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04/11/2008 10:30 Imprimer

Insuffisant

 

Il y a quinze jours, au moment de mettre sous presse le dernier numéro de Syndicats, nous venions à peine de découvrir le budget de l’Etat fédéral. Nous n’étions donc pas en mesure d’évaluer les décisions du gouvernement. Etaient-elles favorables au pouvoir d’achat des travailleurs?

 

Entre-temps, nous avons pu soupeser ce sac de mesures et nous construire notre propre opinion.

Dans ce type d’exercices, il convient également d’examiner ce à quoi nous avons échappé. L’aile droite du gouvernement a échoué dans ses tentatives de couper dans le budget des soins de santé ou encore de réduire les allocations de chômage au bout d’une certaine période.
 
Voilà pour le positif, si l’on peut dire. Néanmoins, écrivons-le clairement : sur le bulletin du gouvernement, nous devons inscrire en rouge le mot « insuffisant » à la rubrique « mesures pour le pouvoir d’achat ». Que ce soit au niveau de l’allègement de la facture énergétique pour les ménages, que par rapport au remboursement des frais de déplacement domicile-travail et leur déductibilité fiscale, les convoyeurs attendent.

Pour la matière « bien-être », le gouvernement a bel et bien avancé. Une enveloppe supplémentaire de 122 millions a été décidée, principalement en faveur des pensionnés les plus démunis. Bon départ. Reste à négocier un budget de 180 millions pour 2009 et 410 pour 2010, pour augmenter les autres allocations sociales.

L’agression des employeurs

Du côté patronal, nous croyons savoir qu’ils souhaitent lier la liaison des allocations sociales au bien-être aux négociations interprofessionnelles, qui débutent ces jours-ci. Une telle attitude est totalement inacceptable, quand on sait qu’une partie importante de la population de notre pays riche vit en dessous du seuil de pauvreté. Qui plus est alors que le délai est déjà dépassé : ces négociations sur la liaison au bien-être de l’ensemble des allocations sociales auraient dû être terminées pour le 15 septembre dernier.

Il est vrai que, sur le plan fiscal, les employeurs n’ont pas (encore) obtenu les diminutions de charges demandées pour le travail en équipe ou de nuit et pour les heures supplémentaires. Alors que les intérêts notionnels, qui profitent aux entreprises sans donner de garantie de création d’emplois, plombent toujours davantage la note budgétaire, on ne peut que relativiser. Il faudra également évaluer l’impact des diminutions des charges fiscales du passé sur l’emploi avant de parler de toute nouvelle réduction.

Dégressivité positive

Dans ces négociations de l’accord interprofessionnel, nous nous attendons à une offensive patronale. Les employeurs veulent modifier (à la baisse, on l’aura deviné), les allocations des chômages et étendre aux chômeurs âgés de plus de 50 ans, l’ « activation » des chômeurs. Avec la FGTB nous voulons une révision à la hausse du plafond pour les calculs des allocations de chômage et une augmentation à 60% pendant la première année pour tous les chômeurs. C’est ce que nous appelons une dégressivité positive.

De notre côté, au SETCa et avec la FGTB, nous continuons à réclamer une augmentation des salaires réels au-delà de l’indexation et des augmentations barémiques.

Nous devons donc rester plus que vigilants et mobilisés dans les jours et semaines qui viennent. D’ailleurs, face à la crise financière, nous soutenons d’une part le plan lancé par la FGTB pour assurer une meilleure protection sociale des travailleurs touchés par des restructurations, et d’autre part, son plan de relance de l’économie réelle, qui devrait créer des nouveaux emplois de qualité et durables.

Comparaison n’est pas raison

Alors que la crise financière relance le débat sur la modération des parachutes dorés des top-managers, la Fédération des employeurs de Belgique profite du contexte pour remettre en question les délais de préavis de licenciement de l’ensemble des employés. Les 4 millions d’euros d'indemnités de départ de M. Mittler, un ancien dirigeant de Fortis, équivalent à un siècle entier de salaires moyens d’un employé.

Nous n’accepterons pas de voir lier la modération des indemnités de départ des top-managers à la durée de préavis des employés. Aligner les durées de préavis extrêmement basses des ouvriers sur celles des employés serait une réponse bien plus raisonnable, aussi bien des employeurs que des responsables politiques.

Myriam Delmée, Vice-présidente et Erwin De Deyn, Président