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30/10/2017 12:07 Imprimer

Il se passe de drôles de choses
autour de nous…

 

Les notions d’économie « participative » ou encore « de plateforme » sont actuellement sur toutes les langues. Le ministre De Croo en fait son cheval de bataille. Et ne laisse pas passer la moindre occasion d’associer cela à son désir maladif de flexibiliser le marché du travail. Et comme d’habitude, le ministre Peeters se démène comme un petit diable dans un bénitier pour apporter quelques ajustements. Il ne parvient toutefois guère plus qu’à éviter de justesse la mort par noyade. Comme dans tant d’autres dossiers de ce gouvernement (la taxe sur les dossiers-titres est le dernier en date), le CD&V est et reste le jouet des partenaires de la coalition.

 

Travailler sur le côté sans la moindre protection sociale n’est pas la bonne voie

Le Gouvernement s’attèle pleinement à la prime pour activité complémentaire. Ainsi, dans certaines branches du non-marchand notamment (accueil de l’enfance, soins aux personnes âgées et handicapées, etc.), des volontaires pourront gagner jusqu’à € 500 en plus par mois exonérés d’impôt et de cotisations de sécurité sociale. Sans la moindre protection sociale ou constitution de droits de sécurité sociale. Et avec des conséquences néfastes pour l’emploi dans ces secteurs. En effet, il s’agit ici directement d’une forme de dumping social, parce que les employeurs préfèreront cette main d’œuvre flexible et meilleur marché à des contrats de travail réguliers de qualité.

De Croo veut également amener l’économie dite « de plateforme » à recourir à ces primes. Ainsi, Airbnb, Uber, Ubereats, Deliveroo et d’autres pourront elles aussi payer ces « pseudo-travailleurs » à raison de maximum € 500 exonérés d’impôt et de cotisations de sécurité sociale. Est-ce réellement la voie à emprunter pour un marché du travail moderne, comme d’aucuns l’appellent ? Est-il dépassé de plaider en faveur de contrats de travail convenables et d’une bonne protection sociale dans le cadre de la sécurité sociale ? Nous estimons que non, et nous sommes fiers de continuer à nous battre pour cette conviction.

 

Les algorithmes au pouvoir ?

La numérisation de notre cadre de vie et de travail doit par ailleurs nous inciter à bien réfléchir à l’avenir du marché du travail, mais aussi à celui de l’être humain tout court. Les algorithmes pilotés par ordinateur sont de plus en plus en mesure d’influencer notre comportement. Selon les prédictions, l’intelligence dite artificielle dépassera la connaissance humaine. Il pourrait donc s‘agir d’une menace pour l’existence même de l’humanité. Nous ne voulons absolument pas être alarmistes, mais nous ne sommes pas les seuls à nous interroger à cet égard. Il faut se pencher sur la question, c’est une évidence. L’Organisation internationale du Travail réfléchit à des codes de conduite éthique dans le cadre du développement de l’intelligence artificielle. Notre organisation faîtière UNI (Union Network International) travaille à un manuel de principes à appliquer lors du développement de nouvelles applications reposant sur l’intelligence artificielle. La protection de la vie privée et le bien-être des travailleurs sont prioritaires à cet égard. Les mégadonnées ne peuvent pas décider de nos moindres faits et gestes. Cet aspect déterminera également l’agenda de notre action syndicale dans le futur.

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