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21/10/2009 11:24 Imprimer

Il est temps de conclure (les accords sectoriels)...


Voici un an, cela faisait les grands titres : la conclusion de l’Accord interprofessionnel (AIP), entre les employeurs et les travailleurs, au sommet. Fin de l’année passée, l’accord était conclu. La crise frappait à nouveau durement. C’est pourquoi nous qualifions cet accord d’« exceptionnel » car il prenait en compte l’impact des ravages économiques. Dans la plupart des commissions paritaires, les conventions collectives ont été signées cet été. Mais il reste encore quelques Petits Poucets.

…ça passe dans les banques et dans le commerce 

Dans les banques (CP310), l’accord a été paraphé la semaine dernière. Encore plus dans ce secteur, on peut encore plus parler d’un contexte vraiment « exceptionnel ».  Un accord, basé sur l’AIP, a été possible. Cela devrait également l’être dans les assurances (CP 307), où les convoyeurs attendent.

Dans le commerce, on annonce aussi la prochaine signature d'un accord pour le commerce de détail indépendant et dans les moyennes entreprises d’alimentation (commissions paritaires 201 et 202.01).

…mais pas (encore) dans tous les tous les secteurs

C’est pourquoi il est incompréhensible que certains employeurs freinent la conclusion d’accords sectoriels dans d’autres secteurs. Prenons la commission paritaire 220, l’industrie alimentaire. 38.000 employeurs. FEVIA, l’organisation patronale du secteur, ne veut y appliquer les 125 et 250€ de l’AIP que si un accord sur les barèmes est conclu. Les échelles barémiques dont ils rêvent équivaudraient à un recul des salaires (voir notre article en page intérieure). Inacceptable ! Mais le vrai enjeu, c’est que l’application de l’AIP ne peut être bloquée par des discussions sectorielles. Coupler les deux dossiers démontre clairement la mauvaise volonté de FEVIA. Cela illustre aussi leur profond mépris pour les négociations sociales au plus haut niveau, dans le groupe des 10, qui a conclu l’accord interprofessionnel.

Un Accord interprofessionnel a précisément pour vocation d’octroyer du pouvoir d’achat supplémentaire à tous les employés. A quoi sert encore un AIP si le mécanisme de solidarité entre tous les secteurs ne joue plus ? Nous avons défendu l’AIP parce qu’il permet une solidarité entre travailleurs : chacun a droit à une augmentation de pouvoir d’achat. Paradoxe : dans l’industrie alimentaire , il y a déjà des accords pour les ouvriers. Sur base du même AIP et quasi des mêmes cahiers de revendications. Pour nous, il n’y a plus de prétexte qui tienne.

…et pour les modalités ?

Pour l’application pratique de l’AIP, il reste aussi du pain sur la planche. Les éco-chèques sont un succès. Beaucoup d’employés recevront leurs premiers éco-chèques en novembre. Les estimations  divergent, mais il y aura vraisemblablement environ 1 million d’utilisateurs. Cela signifie que 125 millions d’€ seront dépensés, peut-être même avant la fin de l’année. Les grandes chaînes de magasins traînent les pieds, de sorte qu’on ignore encore dans quelles poches l’argent atterrira. Ne doutons pas que cela se réglera. On connaît les employeurs du commerce : chacun voudra obtenir sa part de l’éco-gâteau.

Myriam Delmée, Vice-présidente et Erwin De Deyn, Président