« Nous faisons la course en tête»

André Langenus, secrétaire fédéral du SETCa, revient du Forum social mondial avec une délégation de la FGTB. Il y a expliqué que nos meilleurs produits d’exportation ne sont ni le chocolat, ni la bière, mais notre système de sécurité sociale et de concertation sociale.
« Dans le Tiers-monde, il existe une immense soif de découvrir comment la Belgique et les pays scandinaves organisent leurs économie sociale. Ils nous admirent véritablement. »
Avons-nous aussi une grande responsabilité ?
Effectivement, parce que nous figurons au top, nous représentons une cible. Notre système très développé de sécurité sociale est mis sous une grande pression internationale. Et si nous plions, alors les autres n’auront plus aucune raison de se battre. Nous devons continuer à faire la course en tête, sans nous laisser distancier par le peloton. Nous devons rester solidaires avec les pays qui n’ont pas de système comme le nôtre.
Notre système est-il comme ça transposable ?
Notre système peut exister mais seulement grâce à une énorme solidarité institutionnalisée entre les différents joueurs de la société. Il ne s'est pas construit en un jour. Cela a pris plus de 100 ans, deux guerres mondiales, beaucoup de sang, de sueur et de larmes avant d’arriver au modèle actuel.
Pas d’illusion à avoir, donc : les plus pauvres ne parcourront pas ce chemin du jour au lendemain. Dans les pays où il n’existe même pas d’approvisionnement valable en eau potable, on ne passera pas soudainement à un système de sécurité sociale, par exemple. Vanter notre modèle est une chose. Mais ne le voyons pas non plus comme la panacée.
Il appartient aux syndicats de mener le combat…
Avec notre soutien, bien entendu. On doit avoir un énorme respect pour ceux qui érigent un syndicat, là-bas. Dans une entreprise, les militants ne mettent pas uniquement leur job en jeu, mais leur vie. En tant que FGTB, nous devons relever le défi d’en faire prendre conscience à nos militants. La solidarité ne peut s’arrêter aux frontières nationales. En cette période de crise, nous devons, plus que jamais, être solidaires avec les autres travailleurs, surtout les pauvres.