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18/10/2017 12:53 Imprimer

Flexi-jobs

Kris, Maggie, arrêtez votre cirque !

Ce 16/10, les organisations syndicales SETCa, CNE LBC et CGSLB ont tenu une action au SPF emploi afin de protester contre les nouvelles mesures du gouvernement à l’égard des travailleurs du commerce. Des mesures qui vont à nouveau précariser et flexibiliser leurs conditions de travail. Le front commun syndical pointe particulièrement du doigt l’élargissement des flexi-jobs au secteur du commerce et du travail de nuit et du dimanche pour le e-commerce.

 

 

 

Travail toujours plus flexible et précaire

Ces mesures, apparues dans l’accord d’été du gouvernement, seront lourdes de conséquences pour les travailleurs du commerce. Nos responsables politiques semblent confondre les travailleurs du secteur avec une troupe de cirque : des acrobates capables d’étendre leur flexibilité à l’infini, des jongleurs émérites qui peuvent jouer entre une vie professionnelle instable et une vie de famille épanouie, des équilibristes capables de tenir sur leur corde en évitant de chuter dans la précarité…

 

Flexi-clowneries

Dans le grand spectacle que veut nous infliger le gouvernement : des travailleurs (qui sont déjà très flexibles) le seront encore plus à l’avenir. Ils seront aussi encore un peu plus appauvris, avec des appels (à la demande) pour de misérables sous-statuts de travailleurs et des espoirs de temps pleins qui s’envolent pour les travailleurs fixes. C’est que le gouvernement appelle le système de flexi-job et qu’il souhaite élargir au secteur du commerce.

Le principe ? Un travailleur (occupé au minimum à 4/5 auprès d’un ou plusieurs employeurs) conclut avec un autre employeur un accord-cadre fixant au minimum un flexi-salaire, une fonction et le mode d’appel. Pour le patron, aucune obligation de suivre les minimas en vigueur dans le secteur ni même de définir une durée du travail (même minimale). Quand on en a besoin, on utilise le flexi-jobiste (il est meilleur marché et ses cotisations ONSS sont limitées). Nous savons à quel point les travailleurs fixes à temps partiels du commerce galèrent pour obtenir des heures en plus dans les magasins. Ces dernières années, le recours croissant à des étudiants jobistes n’a fait qu’empirer leur situation. L’arrivée sur le marché d’un nouveau   statut modulable serait désastreuse pour eux et constituerait un pas en avant vers une plus grande précarité pour tous.

 

Numéro nocturne, sans filet, dans le e-commerce

Le gouvernement ajoute à cela la possibilité pour les employeurs d’intensifier le travail de nuit avec la plus grande facilité, le tout sans que toutes les organisations  syndicales aient leur mot à dire.

Le travail de nuit dans le commerce est possible depuis pas mal de temps moyennant un accord, au niveau de l’entreprise, des représentants de tous les syndicats. Même si la possibilité existe, les employeurs ne se sont pas bousculés au portillon ces dernières années pour entamer des discussions à ce sujet. Le gouvernement a pourtant décidé d’assouplir davantage les règles. Durant une période de 2 ans, il sera possible d’instaurer du travail de nuit et du dimanche dans le secteur du e-commerce simplement via une adaptation du règlement de travail ou via une CCT ne nécessitant l’aval que… d’une seule organisation syndicale. Après  2 ans, ceci pourra être mis en place de manière définitive via une CCT ou le règlement de travail. Ici aussi, seul l’accord d’une seule organisation syndicale sera nécessaire.

 

Le front commun syndical baisse le rideau

Clap, clap, clap : pas de doute, les employeurs se réjouissent de cette programmation alléchante. Pour le front commun syndical, hors de question. Il est temps de mettre fin à ce cirque. Nous nous opposerons fermement à l’arrivée dans les entreprises de tout statut de flexi-jobiste. Les travailleurs du commerce doivent pouvoir continuer à évoluer vers du travail à temps plein, à durée indéterminée, respectueux des barèmes. Nous dénonçons également l’assouplissement simpliste et inacceptable des règles en matière de travail de nuit. Les principes élémentaires de la concertation sociale (c’est-à-dire avoir l’accord de tous les syndicats représentés au sein de l’entreprise pour pouvoir mettre en œuvre du travail de nuit) doivent être respectés et nous mettrons en œuvre toute notre énergie pour que cela soit le cas.

Ce 16/10, les organisations syndicales ont mené une action haute en couleurs à Bruxelles pour le rappeler. Environ 200 militants se sont rassemblés devant le SPF Emploi. Leur message : « Kris, Maggie, arrêtez votre cirque ! Les travailleurs du commerce méritent du respect et des emplois à part entière. » Par analogie avec la manière selon laquelle ce gouvernement semble considérer les travailleurs du commerce, une animation autour du thème du cirque était assurée (déguisements, show d’une contorsionniste, ambiance musicale, prises de parole, etc. ). Les responsables syndicaux ont été reçu par un représentant du Ministre Peeters afin de leur faire part de leur position très claire quant aux mesures envisagées. Ils ont également également profité de l’occasion pour lui remettre le ‘Flexi d’or 2017’, le prix de la plus grande précarisation et flexibilisation des conditions de travail.

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16/10/17 Flexi-jobs Commerce-Handel
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