En mars, on fête les femmes!

Exemple le plus marquant de droit dérivé : la pension de survie, à laquelle une femme mariée a droit une fois que son mari décède. Cette pension est calculée sur base de l’activité professionnelle du mari. Le système des droits dérivés (pour rappel ce sont les droits issus du statut de femmes mariées exclusivement)créent de nombreuses discriminations entre femmes mariées et non mariées et entre femmes qui travaillent ou non. Ex. : une veuve qui n’a jamais travaillé peut accéder, via la pension de survie de son mari, à une pension plus « confortable » qu’une femme qui a travaillé toute sa carrière.
Dans d’autre cas, des femmes avec un revenu, doivent parfois l’abandonner partiellement ou entièrement pour ne pas perdre la pension de survie. Elles doivent mettre dans la balance leurs revenus, leurs droits et la réalisation de soi, à cause d’un modèle patriarcal dépassé, bâti sur la dépendance au conjoint.
Dans un souci d’égalité et de non pénalisation du travail des femmes, il faudra réaliser l’individualisation de leurs droits. Nous devons continuer à réclamer que chaque personne ouvre individuellement des droits suffisants, en fonction des périodes de travail salarié ou des périodes assimilées à du travail salarié, sans référence à sa situation familiale. C’est cela la véritable l’individualisation des droits. Une individualisation étape par étape, après une étude approfondie des conséquences, et en instaurant une période transitoire et des modalités pour ne pas mettre en cause les droits acquis actuels en matière de droits dérivés.
Une individualisation va évidemment de pair avec une assimilation entre périodes de travail salarié et les autres. En effet, sociologiquement, les femmes continuent à interrompre proportionnellement plus leur carrière pour assumer notamment les tâches relatives enfants. Pour rétablir un équilibre une fois l’âge de la pension venu, des assimilations de périodes non travaillées à des périodes de travail sont nécessaires.
Dans quelques semaines, le SETCa se penchera sur ces droits dérivés et sur toute la problématique des pensions en général, en prévision de la Conférence nationale pour les pensions. Nous aurons l’occasion d’en reparler dans un prochain numéro de Syndicats.
Pour l’heure, nous espérons que les valeurs de solidarité que le SETCa défend depuis toujours puisse aussi se concrétiser entre hommes et femmes. Chacun a à y gagner.