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23/02/2016 17:09 Imprimer

Etre un travailleur à temps partiel, c'est...

 

Nora,
Travailleuse à temps partiel (30h/sem) dans le commerce alimentaire
Vit seule, avec un enfant

« Je travaille depuis 23 ans pour la même enseigne. J’ai commencé par un 20h/semaine, qui a ensuite évolué vers un 24 h/semaine, ensuite un 29h/semaine et enfin un 30h/semaine. J’ai la chance d’avoir un horaire fixe. Ce n’est pas le cas des collègues plus jeunes qui doivent souvent se contenter d’un contrat de 20 ou 24h/semaine maximum, avec des horaires qui fluctuent entre 8h et 20h du jeudi au samedi. Demain, avec des horaires connus seulement la veille, les gens n’auront plus de vie...  Impossible de prévoir ni de s’organiser. Au niveau financier, les mois sont souvent justes. Il faut constamment calculer et c’est souvent difficile de s’octroyer un petit extra. On rame ! »

 

Sara,
Travailleuse à temps partiel (27h/sem) dans le commerce
Vit seule, avec un enfant

«Travailler à temps partiel, en étant célibataire avec un enfant, ce n’est franchement pas facile. Il faut concilier les horaires de boulot et l’organisation liée à l’éducation de son enfant. Quand mon fils était petit, j’ai ramé : une fois les horaires connus, il fallait s’adapter, contacter les proches, trouver une solution pour le faire garder, etc. Aujourd’hui, il a grandi, c’est donc plus facilement gérable. Dans mon entreprise, nous connaissons nos horaires un mois à l’avance. Si le gouvernement met ses plans à exécution, les conséquences seront terribles sur la vie des travailleurs du commerce. C’est un secteur où le temps partiel et les horaires variables sont largement répandus (chez nous, cela concerne près d’un tiers des travailleurs…). Certains de mes collègues sont en plus liés à une flexibilité géographique dans leur contrat. Imaginez l’incertitude dans laquelle ils vont se retrouver dans le futur !  En tant que parent, on ne peut pas se laisser aller. Il faut tenir le coup mais c’est dur… »

 

Vanessa
A travaillé chez Albert Heyn, avec un horaire variable.
Maman seule, avec un enfant

« Jusqu’il y a quelques années, je travaillais chez Albert Heyn. Avant ma grossesse avec un horaire fixe, mais ensuite, cela a changé subitement en un horaire variable. Je savais donc 2 semaines à l’avance quand je devais travailler (ndlr : dans les grand magasins, un délai d’avertissement de 2 semaines a été stipulé grâce à la concertation sociale, le minimum légal étant actuellement de 5 jours). En théorie, car il arrivait très souvent que mon horaire change au dernier moment. »
« J’ai finalement dû arrêter de travailler car c’était totalement infaisable. Les crèches ne sont absolument pas adaptées à ces horaires, car elles fonctionnent avec des jours fixes, et des horaires qui ne sont pas adaptés au secteur du commerce. Mes parents ne pouvaient pas vraiment m’aider non plus, car eux aussi doivent travailler plus longtemps grâce à ce Gouvernement. C’était donc à chaque fois le parcours du combattant pour déposer mon fils quelque part. J’avais vraiment l’impression de devoir le ‘jeter’ tout bonnement chez une amie. »
« Quand je lis ce que le Gouvernement envisage, je me demande dans quel monde surréaliste ces politiques vivent en fait ! Cela reviendrait à avoir 24 heures pour régler la garde de son enfant. Ce n’est simplement pas possible ! On dirait qu’ils veulent pousser les travailleurs dans la misère. Vous vous doutez bien que les employeurs en abuseront sur le terrain. Je suis vraiment fâchée ! Ils feraient bien de s’atteler à un dispositif de garde d’enfants payable et accessible plutôt que d’inventer des règles pour embêter les gens. »

 

Virginie,
Educatrice à mi-temps dans le secteur du handicap.
Vit en couple, avec un enfant.

« Je suis passée de deux mi-temps à un seul. Aujourd’hui, je peine à retrouver des heures en complément via un autre job. Financièrement, c’est une situation compliquée et difficile à vivre au quotidien. Heureusement, j’ai la chance d’avoir un compagnon à mes côtés. Il m’épaule ! Je plains les travailleuses qui sont dans ma situation et qui sont seules avec des enfants. Avec un salaire qui oscille entre 900€ et 1.000€ selon les barèmes, c’est impossible de s’en sortir. Pour le moment, on se serre la ceinture et on arrive à joindre les deux bouts. Mon régime de travail me permet d’avoir du temps à consacrer à ma fille (c’est le côté positif des choses) mais il ne me permet pas de faire ce que je voudrais avec elle… L’argent manque et nous devons constamment faire des choix. Il n’y a pas de place pour des extras, des sorties, des loisirs, des activités, des petits plaisirs. C’est une situation ‘acceptable’ un temps mais ce n’est pas faisable toute une vie. Je voudrais trouver des heures en complément mais je n’y parviens pas. Concrètement, mes horaires et leur incertitude ne me permettent pas d’être facilement disponible pour un autre employeur. C’est un cercle vicieux. »

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