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16/06/2009 12:50 Imprimer

Et maintenant,
comptez les emplois!

 

 

 

Les résultats des élections régionales et européennes sont connus et ont été largement analysés. Nous n'allons pas tout reprendre ici.

 

En Wallonie, force est de constater que les partis, qui se situent à gauche dans le spectre politique wallon, progressent globalement. Le PS recule, certes moins que prévu (il s'agit ici aussi d'un statu quo par rapport aux dernières élections législatives de 2007), tandis qu'Ecolo peut à juste titre être félicité pour sa grande victoire. La disparition pure et simple de l'extrême-droite en Wallonie est bien sûr aussi une constatation positive.

Un fait ne peut être nié : la Flandre a voté pour la droite conservatrice. La progression du CD&V et surtout le résultat de la NVA en disent long. Que le Vlaams Belang retombe à la moitié de son précédent résultat ne peut que nous réjouir, même s'il est question d'un transfert partiel des voix émises vers la Liste De Decker (LDD). Un parti franchement fasciste n'a pas sa place dans un pays démocratique. Le recul global des partis pouvant être placés à gauche dans le paysage politique flamand (il s'agit toutefois d'un statu quo par rapport aux dernières élections législatives de 2007) n'est évidemment pas une bonne chose, nous aurions bien sûr aimé qu'il en soit autrement.

Les résultats bruxellois se rapprochent davantage de ceux en Wallonie qu'en Flandre.

Les résultats à l'échelon européen montrent plutôt une progression de la droite conservatrice.

Autre élément frappant dans les pays où le vote n'est pas obligatoire : le taux de participation très faible, qui constitue une donnée à ne pas sous-estimer pour expliquer la montée de la droite conservatrice. En temps de crise économique, l'histoire démontre par ailleurs que la peur incite généralement la population à ne pas opter pour le changement, mais plutôt pour la sécurité et le conservatisme. Il suffit de penser à la grande crise pétrolière au début des années 1970. Dans des situations de crise extrêmes, d'aucuns ont même suivi des objectifs simplistes d'extrême-droite. Inutile de vous faire un dessin.

Comme syndicat, il est de notre devoir de maintenir nos valeurs et nos normes et de poursuivre nos objectifs, surtout en ces temps de crise économique.

Nous estimons dès lors que la politique doit s'atteler pleinement à résoudre les problèmes socio-économiques. Pas question de blablater pendant des mois sur la réforme de l'État, ce qui ne ferait d'ailleurs qu'engendrer de nouvelles discussions sur la régionalisation du marché du travail et de la sécurité sociale. Comme par le passé, nous nous y opposerons.
Les problèmes socio-économiques doivent requérir tout le temps et l'énergie disponibles.

La volonté directement annoncée de Van Rompuy de s'atteler rapidement à ses 5 chantiers semble à première vue positive. Mais ces fameux 5 chantiers sont inspirés par des motifs d'économies et nous savons ce que cela peut signifier. Par ailleurs, l'attitude des employeurs, prompts eux aussi à faire de fortes déclarations dimanche soir, en dit déjà suffisamment. Économies dans la sécurité sociale et coupes sombres dans les services publics occupent les premières places de leur agenda.

Les syndicats devront se cramponner en unissant leurs forces dans les 3 régions du pays. Nous devrons lutter aussi sur le plan européen pour que les gens occupent la première place, dans le prolongement des grandes manifestations de la mi-mai.

Avec la FGTB, nous devrons continuer aussi à œuvrer pour plus de contrôle sur les banques, avec l'indispensable participation des travailleurs, et pour des investissements dans une économie durable devant créer de nouveaux emplois.

Le temps du comptage des voix et des sièges est désormais passé. Comptons à présent combien d'emplois doivent être créés. Nous devrons certainement réagir défensivement aux attaques sur nos acquis sociaux. Dans le même temps, nous devrons aussi lutter pour une autre approche de la crise économique.