Puisque le gouvernement continue à faire la sourde oreille aux exigences pour le pouvoir d’achat mises à l’agenda le 15 décembre 2007 par des dizaines de milliers de manifestants, nous allons à nouveau montrer notre détermination au cours de la semaine du 9 juin. Evidemment, le SETCa est en tête de ces manifestations organisées par la FGTB avec les syndicats de tout le pays.
Chacun ressent les augmentations de prix dans les magasins d’alimentation, à la station service, sur les factures énergétiques, sur le marché du logement, à la crèche… les produits et dépenses indispensables aux ménages moyens, et qui pèsent encore plus sur ceux qui gagnent moins que la moyenne. Le nombre de gens qui peinent à boucler leurs fins de mois explose à vue d’œil. Le fossé entre les plus riches et les tranches de populations les plus pauvres se creuse sans cesse.
Le phénomène n’est plus uniquement ressenti par ceux qui vivent d’un revenu de remplacement. Il touche à présent aussi les travailleurs, qui sont toujours plus nombreux à juger leurs salaires insuffisants. Ils le ressentent quotidiennement. Pensons par exemple aux parents isolés avec enfants à charge, aux employés à temps-partiel, souvent des femmes, dans des secteurs fragiles…
Alors que le gouvernement, après quelques interventions minimalistes, ne semble toujours pas s’intéresser à cette problématique et reste très indécis sur bon nombre d’autres dossiers, il laisse aux employeurs une occasion inespérée d’annoncer une solide offensive pour les négociations interprofessionnelles de cet automne. Et de remettre encore une fois en cause notre pouvoir d’achat.
Sans même en avoir honte, les topmanagers et les actionnaires augmentent leurs incroyables hausses de salaires chaque année. Par contre, vis-à-vis des employés, ils ne pensent que modération salariale et réduction des coûts. Face à cela, la défense résolue de l’index constitue l’objectif prioritaire de notre semaine d’action qui démarre ce lundi. En vigueur jusqu’ici en Belgique, cette arme minimale contre l’appauvrissement que nous avons pu conserver malgré les distorsions et retards enregistrés au cours de la dernière décennie, nous continuons à la défendre coûte que coûte. Et avec la même force, nous exigeons le relèvement des salaires minimums ainsi que des allocations sociales.
Mais nous n’hésitons pas à ajouter que nous voulons ensuite négocier pour le pouvoir d’achat. Les salaires, tant net que bruts, doivent augmenter plus fortement que l’index, grâce au droit à la liberté de négociation. C’est pourquoi le SETCa continue à juger dangereux la conclusion d’accords sectoriels pour le pouvoir d’achat suivant la formule du soi-disant all-in (qui en cas de forte inflation, ne garantissent même plus l’indexation).
Par ailleurs, comme syndicat des employés, il sera pour nous aussi important de continuer à rester vigilants face à chaque initiative des employeurs pour miner notre pouvoir d’achat via une révision des systèmes de barèmes. Il y a déjà des exemples d’employeurs et de fédérations d’employeurs qui ont réalisé de cette façon une diminution des salaires, tantôt discrètement, tantôt ouvertement.
Il ne fait aucun doute que le SETCa soutient pleinement toutes les autres exigences ou mots d’ordre du front commun syndical. Nous ne pouvons les énumérer tous ici mais tenons à en souligner deux:
- Il faut en finir avec les cadeaux fiscaux que le gouvernement accorde aux employeurs. La possibilité d’éluder l’impôt comme les intérêts notionnels est un exemple qui montre le manque criant d’une fiscalité équitable.
- Enfin, et last but not least, plus que jamais d’actualité dans le contexte politique, le SETCa reste fidèle au caractère fédéral de la sécurité sociale, du droit du travail, de la concertation sociale et du marché du travail. La solidarité fédérale est un principe intangible et la meilleure garantie contre la politique du « diviser pour régner » des forces de droite.
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