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SETCa > News > Les recettes européennes : qui déguste ?

08/06/2011 16:27 Imprimer

Les recettes européennes

Qui déguste ?

 

Le Pacte Euro Plus. Trois petits mots dont vous n’avez sans doute pas encore entendu parler. Mais qui vont néanmoins influencer directement vos droits. Vous pouvez le remarquer dès à présent, notamment dans le débat sur le budget belge. Il est important de s’y opposer avant qu’il soit trop tard.

 

Le simple citoyen paie la crise

Le Pacte Euro Plus est en réalité une recommandation politique aux Etats membres afin qu’ils atteignent les objectifs budgétaires imposés par l’Europe. On le « vend » notamment comme la réponse européenne à la crise financière. Comme chacun sait, les châteaux de cartes de nos experts financiers se sont écroulés à la fin 2008. Les contribuables se sont retrouvés avec la facture sur les bras. Partout en Europe, les budgets sont passés dans le rouge. A l’époque, les dirigeants des gouvernements ont fait  des promesses solennelles selon lesquelles il appartiendrait au secteur financier de rembourser les dommages. Tout le monde s’accordait à dire qu’il ne revenait pas au simple citoyen de payer la note pour les fautes commises par d’autres.

Pas même trois ans plus tard, qu’en est-il de ces promesses ? Les pays qui ont perdu pied dans la tourmente financière condamnent aujourd’hui leurs habitants à de lourdes économies. Et l’aide européenne à leur égard se fait très hésitante. Le secteur des finances s’en sort pour ainsi dire indemne et les dirigeants s’octroient de nouveau des bonus mirobolants pour leur excellent travail. Entre-temps, bon nombre de pays réalisent des économies dans le domaine des pensions, obligent les gens à travailler plus longtemps, augmentent les impôts sur les produits courants… Nous laissons impunément les «marchés» étrangler ces pays.

 

Le Pacte Euro Plus

Bientôt, nous risquons de trouver un échantillon de cette même idéologie dans notre assiette avec le  Pacte Euro Plus et le semestre européen. Cette fois, ce ne seraient plus seulement le Portugal, l’Espagne et la Grèce  qui seraient concernés, mais aussi la Belgique. Les mesures envisagées placent surtout l’accent sur l’augmentation de la compétitivité économique et sur les économies à réaliser.

La compétitivité, un terme «relevé» qui cache souvent une froide réalité. C’est encore le cas ici. Sur les cinq mesures destinées à nous rendre plus compétitifs, trois produiraient des effets au détriment des droits des travailleurs. En synthèse : moins de salaire pour les travailleurs et les fonctionnaires, moins de règles protectrices pour des secteurs spécifiques et notre index se ramasserait également une dégelée et devrait être «revu».

Le pacte aborde également les budgets publics. Un fois de plus sans ambigüités.  La recette proposée pour «garantir la pérennité des pensions» consiste à mettre l’âge effectif du départ à la retraite en adéquation avec l’espérance de vie. Et donc à travailler plus longtemps. Nous y retrouvons aussi un exemple classique tiré du livre de recettes libérales : «réduire l’impôt sur le travail». Pas un mot en revanche sur l’accroissement des recettes. En d’autres termes, l’argent doit surtout venir de nos caisses de sécurité sociale et des pensions…

Le premier rapport européen d’évaluation, qui est paru récemment, confirme déjà cette crainte. Index, âge de la pension, allocations de chômage… sont de nouveau dans le viseur. Toutes les mesures qui viennent en aide et dont ont surtout besoin les personnes ordinaires.

 

Aussi la Belgique

Le pacte n’est pas encore entré en vigueur. Toutefois, son influence se fait déjà sentir. Dans le cadre de leur quête des 17 milliards (à moins que ce soit malgré tout 20 ou 25 milliards) les partis politiques belges cherchent aussi à prendre des mesures que les simples citoyens vont sentir. Presque personne ne parle de recettes supplémentaires. Pourtant, des milliards ont été distribués sous la forme de cadeaux fiscaux aux entreprises, sans que la moindre croissance de l’emploi ait été obtenue en retour. Seuls les bénéfices et les bonus ont continué d’augmenter. Si cette logique est coulée à présent dans le bronze européen, il s’agira de la première étape du démantèlement de l’Etat providence en Europe occidentale.

 

La résistance, ça marche

Et pourtant… des tentatives (européennes) ont déjà été entreprises par le passé pour faire passer ce genre de mesures qui, sous la pression de la population, ont ensuite été atténuées. Il s’agit à présent de faire entendre que ce n’est pas ce type d’Europe que nous voulons. La résistance, ça marche. Une nouvelle journée d’action européenne se tiendra en tout cas le 21 juin sous la forme d’une manifestation à Luxembourg. Nous en appelons à une participation massive.