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08/02/2011 12:12 Imprimer

Projet d'AIP rejeté

Tout le monde en action !

 

Après le SETCa, le comité fédéral de la FGTB a rejeté, le 4 février, le projet d'accord interprofessionnel à une majorité des trois quarts. La CGSLB a elle aussi rejeté le projet d'accord à 55%. Seule la CSC a estimé pouvoir y adhérer. 68% de ses membres l'ont accepté, mais ce n'a pas été le cas de nos collègues de la CNE et de la LBC. Ils ont, au sein de la CSC, voté contre le projet. 43% seulement de tous les membres affiliés auprès des trois syndicats ont voté pour le texte.

 

Pas difficile donc de constater qu'il n'y a pas, chez les travailleurs, d'assise pour la mise en œuvre du texte du projet d'AIP. Et ce doit être clair pour tous ceux qui, depuis le week-end passé, se démènent pour plaider en faveur d'une exécution intégrale du texte. Contre la majorité des travailleurs! Que les employeurs le fassent était prévisible. Que la plupart des journaux s'y associent n'étonne pas vraiment non plus, si bien que nous ne pouvons que constater qu'il y a de moins en moins de presse libre dans ce pays. Que certains partis politiques le fassent aussi prouve à nos affiliés de quel côté ils se trouvent : celui des employeurs. Heureusement, il y a encore des partis qui ont été plus prudents dans leurs déclarations.

Au moment d'écrire cet édito, on ignore toujours quelle sera la décision du gouvernement. Nous demandons explicitement, avec la FGTB, de ne pas faire passer le volet du projet d'AIP sur le statut ouvriers/employés. Tous les syndicats employés (de la FGTB et de la CSC) l'ont rejeté. Mais une majorité des ouvriers n'est pas satisfaite elle non plus du contenu de cette partie du texte. En effet, celle-ci n'offre pas de protection supplémentaire contre le licenciement pour les ouvriers. En revanche, elle affecte drastiquement celle des employés. Et à l'avenir, le coût du licenciement serait supporté en grande partie par la sécurité sociale (donc par les travailleurs eux-mêmes) plutôt que par l'employeur. Nous devons continuer à défendre une harmonisation vers le haut, de sorte qu'à terme, les ouvriers obtiennent les mêmes droits que les employés. Et pour ce faire, nous allons mener la lutte avec tous les camarades de la FGTB.

Le gouvernement peut en revanche exécuter l'avis relatif à la liaison des allocations au bien-être. En effet, il aurait déjà dû être émis depuis longtemps. Que les employeurs soient parvenus à glisser à nouveau cet aspect dans la concertation sur l'AIP est un scandale. Le budget qui peut être affecté au relèvement des allocations sociales a déjà été fixé par le gouvernement. Donc, à lui maintenant d'en réaliser la modalisation concrète.

Les employeurs doivent prolonger les régimes de prépension spécifiques: la construction et de nombreuses entreprises pratiquant le travail en équipes et de nuit disposent en la matière de conventions sectorielles depuis très longtemps. L'arrêt de ces régimes va causer de gros soucis aux employeurs de nombreux secteurs. Il convient aussi de reconduire la possibilité de partir en prépension à 56 ans après une carrière de 40 ans. Si vous avez donné le meilleur de vous-même pendant 40 ans, vous avez droit à un départ anticipé.

Nous voulons de libres négociations dans les secteurs et entreprises. Avec une marge maximale de 0,3%, c'est tout bonnement impossible. De nombreuses entreprises sont de nouveau bénéficiaires et distribuent de généreux bonus au management. Dans une telle situation, les travailleurs doivent eux aussi pouvoir prétendre à plus. Si le gouvernement se base sur la loi de 1996 pour tout de même fixer une norme salariale, celle-ci doit être indicative, de manière à ce que nous puissions prendre pleinement nos responsabilités et négocier librement dans les secteurs et les entreprises.

L'enjeu des actions des prochaines semaines est dès lors clair: nous défendons le progrès social et disons clairement non à la régression sociale. C'est pourquoi, par nos actions, nous faisons déjà front contre les économies budgétaires annoncées.

 

Erwin De Deyn

Président

 

Myriam Delmée

Vice-Présidente

 

Lire le tract de la FGTB