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13/10/2009 17:43 Imprimer

Échec des négociations sectorielles dans l'industrie alimentaire

Le lundi 5 octobre, les syndicats d'employés de l'industrie alimentaire ont essuyé un double refus au ministère de l'Emploi. Lors de ce round de négociation de la CP 220, annoncé comme celui de "la dernière chance", la fédération patronale FEVIA a d'abord refusé de considérer l’application de l’accord interprofessionnel de décembre 2009 comme un dossier à part entière. Ensuite, force a été de constater que les employeurs refusaient de respecter l'autorité du président de la commission paritaire : sa proposition de compromis a été balayée d'un revers de la main.

En agissant de cette manière, FEVIA méprise les quelque 38.000 travailleurs du secteur et met en danger la paix sociale. La crise économique ne peut certainement pas être le prétexte, car le secteur est l'une des seules branches de l'économie qui en est épargnée.

Pour le SETCa et les autres syndicats concernés, il est inacceptable que la modalisation concrète de l'enveloppe prévue dans l'accord interprofessionnel (€ 125 in 2009 en € 250 in 2010) soit associée à un système obstinément mis en avant par FEVIA pour le remplacement des barèmes à l'âge (il y avait pourtant sur la table un résultat qui, outre la modalisation de l'enveloppe de l'AIP, prévoyait aussi la création d'un deuxième pilier des pensions et une augmentation de la prime syndicale).

Les conditions imaginées unilatéralement par les employeurs pour la conversion des barèmes à l'âge en barèmes à l'expérience (conditions à propos desquelles ils ne veulent pas négocier) risquent de freiner sérieusement la mobilité des travailleurs dans le secteur et en dehors. Par ailleurs, leur système est peu transparent et bloque la progression salariale des travailleurs après 9 ans ; l'un des effets négatifs de ce système est qu'il s'apparente à une diminution salariale des employés plus âgés.

Nous ne pouvons accepter ce type de chantage et d'association de dossiers de négociation. En l'absence d'accord sectoriel, les employés dans les petites et moyennes entreprises d'alimentation (environ la moitié des travailleurs concernés) ne pourront compter sur les avantages sectoriels espérés. Entre-temps, les négociations d'entreprise ont déjà commencé dans les grandes entreprises.