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25/03/2014 12:42 Imprimer

Durée de travail :

les cadres témoignent

 

Bernard Lefèvre
Total

« Des cadres qui effectuent trop d’heures supplémentaires, voilà une situation qui était déjà bien présente il y a 20 ans. Avec l’évolution des nouvelles technologies, ce phénomène a empiré et est devenu plus sournois. Chez Total, il semble y avoir depuis peu une certaine prise de conscience de la part de la direction. Au niveau syndical, cela fait des années que nous dénonçons ces problèmes. Le nombre de burn-out et de dépressions ne fait qu’augmenter et ce, y compris au sein-même du personnel de direction. C’est une situation qui touche donc toutes les catégories de personnel et qui s’aggrave de jour en jour. »

 

Herwig Van Doorselaer
BNP Paribas Fortis

« BNP Paribas Fortis rembourse les heures supplémentaires pour un grand groupe de cadres. Il en va de même pour les collaborateurs d’agence depuis une CCT de 2009, conclue à la suite d’une plainte dans une agence bancaire. Si vous travaillez plus de 10 heures sur une journée, le temps presté en plus est considéré comme des heures supplémentaires. Il y a en revanche de l’amertume au niveau du nombre croissant d’évènements et de formations qui se tiennent le soir sans que cela soit considéré comme du temps de travail. Il devient difficile pour certaines catégories de travailleurs – je pense aux jeunes parents – de concilier travail et vie privée ».

 

 

Philippe Thoua
Brico

« Chez nous, les cadres prestent en moyenne 45 heures par semaine, sans compter le travail à domicile. Sur base d’une moyenne de 45 heures / semaine, un cadre offre donc plus de 38 heures par mois à son entreprise (soit environ 456 heures par an). Sachant qu’un full time, au régime de 36 heures par semaine doit prester 156 heures en moyenne par mois, un cadre travaillerait donc gratuitement pendant 3 mois sur l’année... Néanmoins, on constate que de plus en plus de travailleurs tentent de se protéger et veillent à diminuer leurs heures. Etre cadre implique de pouvoir se montrer plus flexible, c’est certain ! Mais cette flexibilité doit rester occasionnelle. »

 

Danny Van Duysen
Gyproc (Saint-Gobain)

« Dans notre entreprise, les cadres et les employés pointent. Les heures sont donc enregistrées, mais il n’est pas question de paiement ou de récupération pour les cadres. La pointeuse a surtout pour but de vérifier comment chacun se comporte par rapport à ses horaires flottants.. « La direction ne se prive pas d’imputer la responsabilité des heures supplémentaires aux travailleurs. Ainsi, j’ai déjà vu la direction proposer une formation en ‘time management’ en réponse à la prestation d’heures supplémentaires. Elle souligne ainsi subtilement qu’il ne faut surtout pas trop se lamenter à propos de ces heures ».

 

 

Maria Camacho Herrera
Cliniques Saint Luc (Bruxelles)

« On ne traite pas des heures supplémentaires, on ne les nomme pas, c’est comme cela. Le fait que les cadres fassent plus que leurs heures a toujours été une norme dans notre entreprise. Il existe aussi une vraie pression liée à la technostructure et aux progrès informatiques.

Quand je me suis rendue compte qu’en tant que cadre, on ne prestait pas 38 heures mais plutôt 50, j’ai demandé une diminution de mon temps de travail. Cette démarche a fait tout un tollé. J’étais le premier cadre dans l’institution à passer d’un temps plein à un mi-temps via un crédit temps. »

 

Rita Peeters
Carrefour

« La direction est assez explicite : celui qui reçoit une promotion s’entend dire que les heures supplémentaires font partie du ‘package’. Lors des nouvelles embauches, nous remarquons cependant qu’il s’ensuit bien vite une désillusion. Les salaires dans notre commission paritaire sont tout sauf exceptionnels. Et viennent s’y ajouter de longues heures supplémentaires non-rémunérées . Les jeunes cadres en particulier doivent accepter de nombreuses choses. »

En tant que délégation syndicale, nous pouvons réclamer chaque mois les listes des heures supplémentaires prestées, même si nous ne les recevons pas pour les cadres dit ‘supérieurs’.».

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