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23/11/2017 14:15 Imprimer

Croix-Rouge, prenez vos responsabilités ! (-2)

Melissa Cowpe à la manifestation lors de la journée mondiale des Réfugiés (20 juin 2017). Source : SETCa

Douche froide

L’action le 20 juin s’est extrêmement bien déroulée. Quelques heures plus tard, c’était la douche froide. En effet, Melissa allait être licenciée pour faute grave. Quelle faute ? L’utilisation des logos de la Croix-Rouge et de Fedasil sur un tract syndical. Des logos qu’elle avait d’ailleurs directement enlevés après avoir été interpellée sur le sujet par la direction.
En réalité, il s’agissait de museler une déléguée syndicale donnant son avis, faisant du bruit face à des autorités n’accordant aucun intérêt politique aux aspirations des réfugiés. Il y a 8 ans – lors de la précédente « crise de l’asile » –, l’administrateur délégué de la Croix-Rouge avait encore placé sa signature au bas d’une lettre ouverte appelant l’État à prendre des mesures structurelles pour combler les besoins les plus criants. Il signe à présent le courrier de licenciement d’une collaboratrice ayant fait exactement la même chose.

Le SETCa a défendu juridiquement sa déléguée syndicale jusqu’à la cour du travail d’Anvers, qui a décidé cette semaine que le licenciement était illégitime. La Croix-Rouge a entre-temps déjà fait savoir que Melissa sera tout de même licenciée. Nous ne manquerons pas de demander sa réintégration. Si l’employeur n’accède pas à cette demande et maintient mordicus le licenciement de Melissa, il en coûtera une indemnité de licenciement de 5 ans à la Croix-Rouge belge. Des milliers d’euros dont Melissa – qui souhaite reprendre le travail au centre d’accueil – estime elle-même qu’ils feraient mieux d’être affectés aux objectifs sociétaux poursuivis par la Croix-Rouge. C’est le contribuable, ou le bénévole qui devra vendre plus d’autocollants, qui en paiera l’addition.

Il est également possible de faire autrement, à meilleur prix

Cela honorerait l’entreprise que de choisir l’option de la réintégration de sa collaboratrice, c’est également la logique de l’arrêt de la cour du travail d’Anvers. La Croix-Rouge transposerait ainsi ses idéaux dans la pratique. Elle retrouverait le courage dont elle faisait bien preuve en 2009, lorsqu’à partir de la société civile, elle avait pris ses responsabilités face au Gouvernement. Elle aurait ainsi l’occasion de démontrer que les travailleurs de la Croix-Rouge – qu’ils soient délégués ou non – ne sont pas punis parce qu’ils défendent, sur le plan syndical et personnel, les mêmes objectifs que l’organisation dans laquelle ils travaillent.

« Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Qu’en adviendra-t-il ?

Soutenez Mélissa et signez la pétition !

 

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