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04/11/2008 17:06 Imprimer

D’après nous, c’est une erreur grossière de penser que le monde financier peut s’autoréguler. C’est pourtant ce qu’ont pensé les entreprises privées qui devaient veiller à ce que les prêts et les banques soient fiables, entreprises aussi connues sous le nom d’agences de notation. Il va de soit que ce rôle revient aux pouvoir publics. La confiance, c’est bien, le contrôle, c'est mieux.

Retour à l’économie réelle

Sur chaque billet de 50 euros injecté sur les marchés financiers, il n’y a qu’un seul euro investi dans l’économie réelle. Le reste, c’est de l’argent qui produit de l’argent. A ce titre, les « hedge funds » tiennent la palme pour générer des bénéfices énormes, uniquement par pure spéculation. La société dans laquelle on prend une part n’a plus aucune importance. Seul compte le profit à court terme.

Plusieurs mesures seront nécessaires pour ramener les pieds les capitalistes de casino. Une des dispositions potentielles est la taxe Tobin, à l’échelle mondiale. Il s’agit d’un impôt sur l’échange international d’actions et de devises. Son but est de freiner la spéculation à court terme. Il faut également en finir avec le manque de réglementation internationale, qui encourage l’existence de paradis fiscaux. Pour les mettre définitivement au tapis, la réaction doit être européenne, voire mondiale.

Par ailleurs, les bonus et primes de licenciement que les top-managers s’accordent personnellement ne peuvent plus depuis longtemps se justifier par la valeur ajoutée qu’ils créent. Même en épargnant toute leur vie, les employés ne peuvent atteindre les montants des parachutes dorés que les top-managers touchent lors de leur licenciement en récompense aux mauvais services rendus. Il faut y mettre le holà en instituant des montants maximaux. Mais plafonner les durées de ces primes ne peut pas servir à diminuer les préavis des employés.

Certains employeurs et politiciens libéraux n’ont pas honte d’élargir ce raisonnement aux primes de licenciements des employés ordinaires. Ils mettent au même niveau un parachute doré de plusieurs millions d’euros et le préavis de licenciement de vous et moi. Comme employés, entre deux emplois, vous continuez à payer votre maison et envoyer vos enfants à l’école… tout en cherchant un autre travail. Les PDG, eux, ne doivent pas se faire de soucis.

Donnant-donnant

Dans les problèmes récents des institutions financières, les autorités n’ont pas eu beaucoup le choix. Toutefois, nous pensons que nos gouvernements peuvent se permettre d’avoir plus de prise sur les décisions stratégiques de ces institutions.

De notre côté, notre priorité va à la protection des employés. Si protection il y a, il faut distinguer celle des épargnants de celle des actionnaires des banques. Celui qui acquiert des actions devrait connaître le risque que cela implique. Quand des actionnaires gagnent de l’argent en bourse, ils ne doivent le partager avec personne. S’ils en perdent, la même logique doit s’appliquer. Encore faut-il tenir compte du fait que beaucoup de petits actionnaires ont été trompés au sujet des produits qu’ils ont achetés.

Impact de la crise sur les pensions extra-légales

Nous devrions dès que possible évaluer l’impact de la crise financière sur les épargne-pensions. Il faut donner des garanties aux employés et aux employeurs qui alimentent le deuxième pilier du système de pensions, de sorte que les travailleurs aient droit à la pension extra-légale pour laquelle ils ont travaillé pendant des années.

Il est temps d’instaurer une nouvelle ère.