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16/10/2008 13:52 Imprimer

Crise financière : stop au capitalisme-casino !

 
criseLe 27 septembre, la Confédération européenne des syndicats (CES), la Confédération syndicale Internationale (CSI) et UNI-Finances, le syndicat international des services du secteur des finances, étaient réunis à Londres pour évaluer la crise monétaire internationale. Dans un texte commun intitulé Déclaration de Londres, ils appellent les responsables politiques à considérer les troubles boursiers et bancaires actuels comme une occasion historique d’inverser complètement la vapeur.

 

Tous les observateurs, des politiques aux scientifiques économiques, constatent que nous sommes "au bord du gouffre", pas loin d'un "effondrement total du capitalisme financier”. On peut conclure que la dérégulation à outrance des marchés monétaires qui dure depuis 25 ans, notamment aux Etats-Unis, ne peut plus être le modèle à suivre pour le reste du monde.

Des solutions à court terme, telles que celles élaborées actuellement dans de nombreuses capitales européennes, sont certainement nécessaires pour garder le sentiment de panique sous contrôle et pour prévenir provisoirement des catastrophes plus graves. Ces solutions portent les coûts et risques qui en découlent à charge des autorités et donc de la communauté. Mais il y a bien plus à faire.

Les syndicats internationaux proposent une série de mesures et d'interventions pour libérer durablement l'économie mondiale des dangers du capitalisme-casino ultralibéral. Les voici :

• Injection d’argent public dans les institutions financières, à condition qu'il y ait un contrôle public et donc un changement fondamental de comportement ;
• Un contrôle plus étroit de la capacité des institutions financières à s'endetter, en renforçant les ratios de capital propre ;
• Une réglementation efficace aux niveaux européen et international. Cette nécessité s'impose car l'échelle du capitalisme financier dépasse le cadre des nations. Une agence européenne de notation est nécessaire ;
• Une action gouvernementale qui assure la disponibilité des fonds pour investir dans l’économie réelle : industrie, manufacture, technologies et emplois verts, ainsi que dansle développement durable ;
• Une aide aux travailleurs touchés, aux ménages menacés d’expulsion, aux retraités risquant la pauvreté, aux entrepreneurs cherchant à investir. Il n’est pas juste que les principaux bénéficiaires soient précisément ceux qui ont causé le désordre ;
• Une réponse européenne à la crise pour éviter un bouleversement financier qui encore aurait des répercussions bien pires. Eviter également un retour de l’approche « sauve qui peut au détriment des autres », qui prône une modération compétitive des salaires et une réduction des systèmes de protection sociale et porte préjudice aux travailleurs et à leurs familles, et ;
• Un retour urgent de l’attention aux politiques publiques et à la question des inégalités salariales. C’est l’inégalité et la faible évolution des salaires qui conduisent les ménages à s’endetter par le biais de techniques financières à risque.

La Confédération européenne des syndicats ajoute dans un communiqué de presse que l'Europe a désormais le devoir de se battre pour les droits des travailleurs, pour des salaires équitables et convenables, des emplois stables et des structures de concertation efficaces. Cette concertation doit pouvoir fonctionner en toute indépendance, sans que les relations sociales soient mises à mal par des procédures judiciaires.

Le SETCa, membre actif d'UNI-Finances, se joint bien sûr à cet appel. En période de crise, nous sommes sur la brèche pour le maintien de l'emploi. Car quoi qu'il en soit, pour nous, il s'agit de la priorité.