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26/10/2016 12:44 Imprimer

Congrès mondial d’UNI Youth : en rue !

S’activer à organiser des actions au niveau des entreprises, voilà une stratégie de croissance fructueuse pour les syndicats dans de très nombreux pays. Cette stratégie s’adresse également aux jeunes. C’est ce qu’à fait apparaître le congrès mondial d’UNI Youth qui s’est tenu mi-octobre au Cap, en Afrique du Sud. Une délégation du SETCa a participé activement au congrès.

Cette rencontre était organisée par le département jeunes d’UNI Global Union. UNI est le syndicat mondial auquel sont affiliés quasiment tous les syndicats des services du monde entier. C’est l’endroit par excellence pour entrer en contact avec des syndicalistes d’autres horizons. Il s’agissait en l’occurrence d’un congrès mondial pour et par un peu moins de cent jeunes syndicalistes.

Organiser pour grandir

Le congrès n’était pas destiné au vote « classique » de résolutions et de motions, mais avait opté pour une approche pratique. Il a approfondi plus spécifiquement la notion « d’organising » au moyen d’exercices et d’exemples pratiques. Cette notion nous vient des syndicats anglo-saxons. Il s’agit d’une méthode très orientée entreprises. Elle consiste à recruter des membres par le biais d’actions très concrètes sur un nombre limité de thèmes dans une société choisie de manière ciblée (ou un groupe d’entreprises au sein d’un secteur).

Ce n’est pas un hasard si cette méthode fait fureur surtout dans les pays anglo-saxons. En effet, dans ces pays, la possibilité de fonder un syndicat au sein de l’entreprise est étroitement liée au nombre d’affiliés (souvent, il faut être en mesure de prouver qu’une majorité des travailleurs sont affiliés à un syndicat). Sans la présence de syndicats, il est aussi extrêmement difficile de conclure des CCT.

Le fait que les pays anglo-saxons ne connaissent (quasiment) pas de concertation sectorielle joue aussi un rôle à cet égard.

Malgré les différences culturelles évidentes « sur le plan syndical », cette stratégie s’est aussi avérée intéressante pour de très nombreux syndicats présents. L’approche était familière pour les jeunes syndicalistes belges présents, mais il y avait de nombreux éléments à retenir quant à la manière d’aborder les campagnes et le recrutement de membres de façon systématique.

Afrique du Sud

Qui participe à un congrès en Afrique du Sud, est hélas aussi confronté à une pauvreté et à des inégalités énormes. Le contraste avec la Belgique est saisissant. Notre pays est l’un des plus égalitaires sur le plan salarial et ceci, grâce à notre régime fiscal et de sécurité sociale solidaire et redistributif. Ce régime est toutefois de plus en plus mis sous pression par la politique du gouvernement Michel, susceptible d’accentuer les inégalités chez nous aussi.

A l’opposé, l’Afrique du Sud est l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Il est clair que l’apartheid, aboli en 1990, a été remplacé par un autre régime créant des inégalités : la pauvreté. Cette pauvreté qui est encore souvent associée à la couleur de peau.

Lutte sociale

Heureusement, la lutte pour la justice sociale est également menée en Afrique du Sud. La délégation du SETCa y a appris que depuis plusieurs années, des étudiants protestaient avec un certain succès contre les frais d’inscription en hausse dans les universités. Les grèves, notamment dans les domaines vinicoles, ont animés les discussions sur la nécessité d’un salaire minimum national.

Lors de la dernière journée de congrès, les jeunes syndicalistes présents ont aussi résolument opté pour cette approche concrète. SASBO, le syndicat pour le secteur financier en Afrique du Sud, y a été aidé pendant une demi-journée dans le cadre d’une campagne de recrutement…en rue ! Mener des actions et s’organiser soi-même permet de faire véritablement la différence.

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