Congrès UNI-Europa Toulouse
Motion d’actualité sur la crise
Intervention de Erwin De Deyn, Président
4 octobre 2010

Ce congrès fait de la lutte contre le dumping social une priorité. En effet, la solidarité entre travailleurs, où qu'ils soient occupés en Europe, ne peut être réalisée que si chacun a droit à des conditions de travail et de rémunération convenables. Personne ne profite de la concurrence sur les salaires et autres droits sociaux, même pas l'économie et certainement pas l’emploi. Le nivellement par le bas n'est pas la voie.
La crise financière de 2008 était la conséquence de dizaines d'années de politique néolibérale. Le libre marché, sur le plan économique et financier, devait pouvoir jouer jusqu'à l'extrême. Il n'était pas question d'interventions publiques. La protection collective, et donc syndicale, devait s'effacer pour le travail sur mesure individuel, bien entendu à la mesure des employeurs. Nous savons entre-temps à quoi cette approche a mené. La crise financière de 2008 a obligé les États membres européens à organiser un programme de sauvetage de masse pour les banques. Ils ont bien sûr dû, pour ce faire, s'endetter sérieusement. Et maintenant, ceux qui ont provoqué la crise financière accusent ces mêmes pays qui les ont sauvés et organisent des raids sur les États pliant sous l'énorme poids de la dette. La crise de la dette dans tous les pays européens touche durement la population.
La politique d'austérité imposée par les instances européennes désarticule non seulement le tissu social, mais ne profite pas non plus à l'économie. Les prévisions de croissance doivent être revues. Presque tous les États européens doivent à nouveau s'endetter pour pouvoir payer les dettes précédentes. Un cercle vicieux. Et on ne parle pas encore d’un nouveau plan de sauvetage des banques, qui ne fera qu’aggraver l’endettement de l’ensemble pays Européens!
Cette crise du système appelle donc une réponse radicale. Pas les vieilles recettes néolibérales, mais une nouvelle approche radicale. Une nouvelle économie durable, avec une initiative publique forte, financée par des impôts équitables où les épaules les plus solides supportent les chargent les plus lourdes, doit désormais déterminer l'agenda politique. Sur le plan européen, la taxe sur les transactions financières doit rapidement voir le jour. Elle doit freiner les marchés financiers spéculatifs et dégager des moyens pour des investissements économiques. L'émission d'euro-obligations doit aussi préserver les pays les plus vulnérables d'attaques irresponsables des marchés financiers. La Banque centrale européenne doit mettre les moyens nécessaires à disposition pour permettre une autre économie.
Il faut arrêter les attaques contre les droits et acquis sociaux des salariés. C'est aujourd'hui au tour des Grecs, Portugais, Espagnoles et Irlandais. Et demain, à celui de la population des autres pays européens. Personne n'est épargné.
La solidarité entre tous les travailleurs Européens doit être à la une de nos agendas quotidiens.
Nous plaidons donc pour un revirement radical. Nous plaidons pour plus d'Europe, mais une autre Europe, basée sur le développement économique durable, des emplois durables pour tous et des droits sociaux pour les travailleurs, ce qui implique une rupture avec l'Europe des dernières décennies. Il n'y a pas d'alternative. Nous ne voulons pas tomber dans une Europe où règnent le nationalisme et le populisme.