SETCa > News > Communiqué de presse (26/10/2008) - 4 millions € pour Mittler: pas un alibi pour viser les employés

28/10/2008 10:58 Imprimer

Communiqué de presse (26/10/2008) - 4 millions € pour Mittler: pas un alibi pour viser les employés


parachute doréNon pas que nous l’attendions, mais la prise de position de la FEB ne nous a pas surpris. Il était à prévoir que d’aucuns abuseraient directement des idées et propositions visant à ramener les parachutes des top-managers à des niveaux raisonnables pour réduire dès lors dans un même élan les délais de préavis des simples employés. De la même manière, il était tout aussi prévisible que l’on ne soufflerait mot du relèvement des préavis ouvriers. La tête du monde des entreprises belges sait manifestement faire preuve d’indignation sélective.

 

La totale insanité de l’indemnité de 4 millions d’EUR  (soit plus de 161 millions de BEF !) encaissée par M. Mittler a donné lieu à ces manoeuvres politiques récentes visant à faire cesser les indemnités aberrantes accordées essentiellement à des dirigeants de banques. Or, ce chèque avait été signé par messieurs Verwijlst et Lippens. Cette traduction très particulière du code Lippens par son propre auteur nous en dit long sur l’autorégulation que ce club d’affaire pense avoir à mettre en oeuvre.

Si nous plaidons vivement en faveur d'une restriction de cette scandaleuse culture de rapacité, nous refusons tout aussi vigoureusement d’enfermer la discussion sur les délais de préavis des employés dans un débat sur les indemnités des dirigeants d’entreprise, dont le calcul et la composition manquent d’ailleurs totalement de transparence.

Il est tout simplement inacceptable et inconcevable que le licenciement des employés, dont le salaire mensuel minimum au 1er octobre a été établi à 1.441 euros, soit comparé avec les indemnités des dirigeants d’entreprise. L'indemnité de Mittler équivaut à un siècle entier de salaires moyens d’un employé. S’il convient d’aligner, il reste donc bien d’autres éléments à prendre en compte.

Les syndicats d'employés n'accepteront pas que la modération des indemnités des dirigeants d’entreprise soit associée à la question des durées de préavis des employés. Le relèvement des préavis extrêmement faibles des ouvriers au niveau de ceux des employés serait une réponse bien plus raisonnable, tant de la part des employeurs que des responsables politiques.


Myriam Delmée, Vice-Présidente SETCa
Raymond Coumont, Secrétaire général CNE
Erwin De Deyn, Président SETCa
Ferre Wyckmans, Secrétaire général, LBC-NVK