SETCa > News > Chasse au chômage, pas aux chômeurs

25/02/2014 17:13 Imprimer

 

Perdre son travail ou ne pas en trouver : voilà une situation qui peut arriver à chacun d’entre nous. Et pourtant, les politiques traitent souvent les personnes qui y sont confrontées comme des fainéants qu’il faut « punir ». Ainsi, en raison d’une décision gouvernementale, 55.000 demandeurs d’emploi risquent de se retrouver sans allocations en fin d’année. Pour le SETCa, ce ne sont pas les chômeurs le problème, mais le chômage proprement dit.

 

Du travail pour tous ?

Notre pays compte 640.000 personnes sans-emploi. Penser qu’il y a suffisamment de travail pour tous est une fausse idée bien tenace. Dans certaines régions, le nombre de demandeurs d’emploi est 30 fois plus élevé que le nombre d’emplois disponibles. Même dans les régions avec un taux de chômage plus faible, les demandeurs d’emploi sont plus nombreux que les postes vacants.

Et seule une petite partie de ce nombre de places disponibles ne trouve pas acquéreur. Le problème dans notre marché du travail ne se situe donc pas du côté du nombre de travailleurs disponibles. Il n’y a tout bonnement pas assez de travail.

 

Le chômage, pas une partie de plaisir…

Et pourtant, les politiques ne cessent d’imputer la responsabilité du chômage au chômeur individuel proprement dit. « Tous ceux qui ont des oreilles et des jambes devront travailler ». « Si on limite l’aide au chômage dans le temps, le demandeur d’emploi trouvera bien du travail ». « Celui qui n’a pas de travail n’a qu’à rendre des services à la collectivité pour pouvoir bénéficier d’une allocation ».

Toutes ces déclarations ignorent la simple constatation que personne ne choisit intentionnellement le chômage. Ne pas avoir d’emploi est tout sauf agréable. Les allocations sont faibles, votre réseau social s’étiole et votre amour-propre diminue. Ce n’est pas un hasard si les dépressions (et même les suicides) touchent bien plus les demandeurs d’emploi.

 

« Punir » les demandeurs d’emploi

Et pourtant, cela fait des années maintenant qu’une chasse aux chômeurs est organisée. Ainsi, en 2012, pas moins de 72.000 demandeurs d’emploi ont été sanctionnés d’une manière ou d’une autre par l’ONEm. Cela peut aller d’un simple avertissement au retrait (temporaire) de l’allocation de chômage.

La politique du(des) précédent(s) gouvernement(s) part elle aussi du principe qu’il est possible de « forcer » un demandeur d’emploi à sortir du chômage. Ainsi, à l’heure actuelle, vous risquez de perdre votre allocation si vous refusez une proposition pour un emploi situé à 60 kilomètres de votre domicile. Pas de chance si vous ne savez pas vous déplacer facilement. Il en va de même pour les parents demandeurs d’emploi qui ne trouvent pas directement un accueil pour leur(s) enfant(s).

L’idée qu’il n’y a qu’à obliger les demandeurs d’emploi à rendre des services à la collectivité en échange de leur allocation est tout à fait scandaleuse. Il s’agit essentiellement d’exécuter des tâches qui n’apportent pas nécessairement les bonnes compétences au demandeur d’emploi. Aux yeux du SETCa, l’objectif est surtout d’humilier les demandeurs d’emploi plutôt que de les aider à trouver un travail. Les Pays-Bas connaissent d’ailleurs ce système. Exemple connu : un balayeur de rue qui y a été licencié par la commune. En échange des ses allocations de chômage, il a dû finalement … balayer les rues.

 

Chômage = pauvreté ?

En 2011, quatre demandeurs d’emploi sur 10 se trouvaient à la limite du seuil de la pauvreté. Et cette situation ne s’est pas améliorée depuis. En 2012, le gouvernement a décidé de réduire fortement les allocations de chômage dans le temps. Ceux qui sont sans emploi depuis plus d’un an voient leur allocation baisser. Après deux ans, le montant diminue encore, pour passer sous le seuil de pauvreté. Nous sommes entre-temps en 2014. De nombreux demandeurs d’emploi ont une allocation plus faible et ont basculé dans la pauvreté/précarité. Et malgré cela, le chômage est toujours aussi élevé.

 

L’emploi est la solution

L’emploi. Voilà la solution ultime au problème du chômage. Et il y va de la responsabilité des employeurs. Les milliards en réductions d’impôts et abaissements de charges n’ont, ces dernières années, absolument pas engendré d’emplois supplémentaires, mais uniquement plus de bénéfices. Le SETCa plaide pour que la création d’emplois – ou à tout le moins le maintien des emplois – devienne le principal facteur pour introduire ou évaluer des réductions de charges.

Les employeurs portent une énorme responsabilité pour certaines catégories de chômeurs. Ainsi, pour une quinquagénaire sans emploi, il est presque impossible de trouver un nouveau job. À cet égard, un changement de mentalité s’impose d’urgence chez les employeurs !

Les pouvoirs publics peuvent eux aussi jouer un rôle positif en la matière. Des investissements durables dans l’infrastructure ou de bons services publics (pour la collectivité, mais aussi dans le non-marchand) peuvent permettre la création d’emplois dont les retombées profiteront par ailleurs à tous.

 

Chômage dramatique chez les jeunes

Les moins de 25 ans méritent une attention particulière. Selon les derniers chiffres, un jeune sur quatre est au chômage. C’est un groupe extrêmement vulnérable, car ils n’ont droit à l’allocation d’insertion professionnelle (l’ancienne allocation d’attente) qu’après 12 mois. Ils ne reçoivent pas cette allocation aussi facilement : ils ne peuvent compter dessus que si l’ONEm estime qu’ils ont activement recherché un emploi.

En raison d’une mesure d’économie gouvernementale, ils peuvent désormais perdre cette allocation après 3 ans. Situation que vivront 55.000 jeunes au 1er janvier 2015. Ils devront donc s’adresser au CPAS, ou retomber à charge de leurs parents.

Ici aussi, le SETCa ne voit pas très bien la plus-value de la mesure. Le montant épargné est relativement limité. De nombreux jeunes risquent aussi, en désespoir de cause, d’accepter un emploi nettement inférieur à leur niveau d’études. L’impact négatif d’un tel choix vous suit tout au long de votre carrière.

 

Le bon choix !

Pour les politiques, c’est essentiellement une question de symbole : le demandeur d’emploi doit être puni, contrôlé et harcelé. Tous les autres facteurs occasionnant le chômage restent ainsi tout à fait hors d’atteinte.

Le 25 mai, ne vous laissez pas guider par les mensonges que l’on fait planer sur les chômeurs. Ce ne sont pas les chômeurs le problème, mais le manque de travail !
 

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Chômage et jeunes : prenez part aux actions !

La chasse aux chômeurs et l’humiliation des demandeurs d’emploi doivent cesser. La FGTB planifie des actions dans tout le pays dans le courant du mois de mars . Le SETCa appelle ses affiliés à soutenir pleinement ces actions.

Plus d’informations sur le site de la FGTB.

 

 

 

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