Carrefour, un an après…
Voici un an, la tempête sociale Carrefour soufflait sur le secteur du commerce, entraînant de nombreuses pertes d’emplois et de nombreuses conséquences dans la vie des travailleurs. Depuis le temps a passé… Certains magasins ont fermé, certains travailleurs ont été transférés chez Mestdagh, d’autres ont continué à travailler sous l’enseigne Carrefour sous certaines conditions et aussi en faisant certains sacrifices.
Un an après les faits, nous faisons le point sur la question. Entretien avec Myriam Delmée et Jan De Weghe, les deux secrétaires fédéraux en charge du dossier.
Quelle est actuellement la situation chez Carrefour ?
Myriam Delmée : « Les conséquences du plan de restructuration commencent seulement à se faire sentir auprès des travailleurs en place, qui sont restés chez Carrefour. Ils ont vécu une année difficile et tout le monde ne vit pas bien la situation actuelle. Ce qui n’était encore que des décisions sur papier voici quelques mois s’est concrétisé dans la vie des travailleurs. Cela a un impact dans leur travail au quotidien. Je pense par exemple à la suppression du 1/4h payé et de certains jours de congés. »
Jan De Weghe : « On entre dans la deuxième phase du plan de restructuration. La direction est en train de travailler sur une nouvelle organisation du travail. Les hypermarchés de Flémalle, Berchem, Kuringen sont actuellement dans une phase de test. Des tests similaires ont également lieu dans quelques supermarchés. Le but est de réaliser des économies, en améliorant le fonctionnement des magasins en adaptant au mieux les heures de de travail et en faisant aussi évoluer certaines fonctions vers plus de polyvalence. »
M.D. : « Ce système devrait , à terme après avoir essuyé les plâtres dans les magasins tests, avoir l’avantage de répondre plus adéquatement à la demande des clients et d’assurer des plages horaires plus stables et libres au choix pour les travailleurs. Lors des pics d’affluence, un nombre suffisant de personnel est présent sur le terrain via la mise en place des équipes polyvalentes. Cela a des implications positives sur l’emploi : on stabilise ainsi les contrats à long terme en évitant de recourir à des CDD, intérims pour combler les trous. »
J.D.W. : « Le fait d’implanter ces magasins tests est une démarche positive car c’est quelque chose qui prend beaucoup de temps. Cela marque une volonté de changement, d’aller vers un mieux, d’écouter les gens du terrain, ceux qui sont en face des clients : les travailleurs des magasins ! »