Carrefour
Combien de départs ?

Pas le moindre licenciement sec. Voici déjà un des résultats des actions menées par les militants de Carrefour début de cette année. La prépension à 52 ans offrait une solution pour 910 travailleurs. Aperçu chiffré.
Pour rappel: à l'annonce de la restructuration, l'entreprise elle-même parlait encore de 1672 licenciements collectifs au total par voie de fermetures, auxquels venaient encore s'ajouter les plus de mille travailleurs qui allaient atterrir chez un autre employeur. Les travailleurs ont mené des actions et, après une longue lutte, un accord social était accepté. Il reste encore ci et là quelques questions à résoudre ou quelques données à rassembler, mais il est déjà possible de donner un aperçu de la situation.
910 travailleurs entrent dans le système de prépension à 52 ans… Ce système n'était pas accessible à tous les travailleurs, mais uniquement à ceux de plusieurs magasins touchés par la restructuration. Il est surtout frappant de constater que 168 parmi eux l'ont fait pour céder la place à un collègue qui, sans cela, aurait été à la rue. À côté de cela, 66 travailleurs sont partis dans le régime conventionnel de prépension à 58 ans. Cela démontre que la prépension est une mesure sociale, permettant de trouver une solution moins pénible pour les membres du personnel touchés par une restructuration. Par ailleurs, c'est aussi "meilleur marché" pour les pouvoirs publics que le régime de chômage, parce que l'employeur, dans ce cas Carrefour, paie un supplément, sur lequel il est lui-même imposé. La prépension n'est pas une pension non plus : les travailleurs doivent rester disponibles pour le marché du travail.
447 travailleurs ont opté volontairement pour le licenciement. 25 contrats à durée indéterminée dans des magasins fermés n'ont pas été reconduits. Un peu plus de 800 personnes ont été occupées dans les magasins cédés à Mestdagh. Une petite moitié travaillent actuellement chez cet employeur.
En bout de course, personne n'a subi de licenciement sec grâce aux dispositifs permis par l'accord social. 318 travailleurs des 16 magasins qui fermaient sont passés dans des magasins restant ouverts.
La restructuration de Carrefour demeure un récit douloureux, mais la solution trouvée démontre au moins qu'il est possible de trouver des solutions sociales par le biais de la concertation sociale. La concertation fonctionne, voilà un message bien utile pour d'autres…