Bientôt les vacances, mais d’abord le travail syndical
Pour les employés aussi, les négociations sectorielles se trouvent dans une phase définitive. Des accords ont été signés dans de très nombreuses commissions paritaires, tandis que dans d’autres, des projets d’accord sont actuellement à la consultation. Dans d’autres encore, les négociations doivent encore être finalisées.
La durée plus longue de de processus est bien sûr intégralement liée au rejet du projet d’AIP et aux décisions gouvernementales prises ensuite en mars-avril. Les négociations sectorielles ont donc débuté plus tard qu’habituellement. Nos négociateurs sectoriels ne se sentent pas liés par les décisions gouvernementales et quasi partout, il est fait preuve de la créativité voulue pour maintenir et améliorer le pouvoir d’achat des employés. Les indexations 2011-2012 préservent ce pouvoir d’achat, les augmentations barémiques des employés l’améliorent et les avantages supplémentaires (augmentations salariales brutes supplémentaires, extension des systèmes de 2e pilier, amélioration du remboursement des frais de transport, etc.) y apportent encore un plus. Les systèmes de prépension sont reconduits partout et les mécanismes d’indexation tiennent bon eux aussi. C’est plus que jamais important, au vu de la pression qu’ils subissent, en particulier de la part de milieux européens de droite. Compte tenu des conditions difficiles dans lesquelles se déroulent les négociations, il faut dire que les (projets d’) accords sectoriels réalisés ne sont pas mal du tout. Nous sommes convaincus qu’il en ira de même également là où les négociations sont encore en cours.
Notre niveau de concertation sectorielle s’inscrit intégralement dans le cadre de notre modèle social. Il est dès lors important de le préserver. Aussi parce que l’Europe a une autre vision en la matière. Elle préférerait nettement voir la concertation à un niveau le plus bas possible: au niveau de l’entreprise, voire même, de préférence, sur le plan individuel. Cela va pleinement à l’encontre de la solidarité et nous ramènera à une société du chacun pour soi. La concurrence sur le plan social engendrera une spirale négative, au niveau des salaires et des conditions de travail. Nous ne voulons pas de cette Europe. C’est pourquoi nous étions des dizaines de milliers ce 21 juin à Luxembourg. Notre voix doit être entendue à la veille d’importantes décisions sur le plan européen. Nous sommes persuadés qu’il ne s’agit en l’occurrence que d’une première bataille, que le combat devra se poursuivre contre une Europe du démantèlement social et pour une Europe sociale reposant sur la solidarité. Le maintien d’une fin de carrière digne pour les travailleurs sera par ailleurs au centre des préoccupations à l’automne. Et soyons clairs sur le sujet: nous ne sommes bien sûr pas opposés à ce que les travailleurs restent actifs plus longtemps, pour autant qu’ils le veulent et le puissent! Aux employeurs de créer les conditions nécessaires pour le permettre. C’est autre chose que d’obliger les travailleurs à travailler au-delà de leurs 65 ans!
Qu’un nouveau gouvernement voie le jour ou non en Belgique, des décisions budgétaires sont à l’agenda politique. À cet égard, nous le réaffirmons clairement: les épaules les plus larges doivent supporter les charges les plus lourdes. Ceci, par le biais de nouvelles recettes là où elles peuvent être tirées.
Montrons nos dents encore quelques semaines sur le plan syndical et rechargeons ensuite nos batteries pour un automne social et syndical qui s’annonce assurément chargé.