Bayer Anvers ne fermera pas
Bayer. Tout un symbole dans le port d'Anvers et l'une des entreprises clairement présentes à la Scheldelaan. Mais en décembre, on pensait que l'entreprise allait fermer complètement ses portes. Syndicats et travailleurs ont été soumis à une pression énorme pour être 'flexibles' et sauver l'emploi. Jusqu'à ce qu'il ne soit subitement plus du tout question de fermeture. Entretien avec les secrétaires FGTB Chimie à Anvers, Jan Martens (SETCa Antwerpen) et Bruno Verlaeckt (CG Antwerpen-Waasland).
Jan Martens : “Nous sentions qu'il y avait de l'orage dans l'air depuis un certain temps. Et surtout quand le grand patron de Bayer a parlé pour la première fois en juin 2009 d'une surcapacité en polycarbonate (que produit le siège d'Anvers). En novembre, la nouvelle est devenue officielle et la négociation a commencé. Mais bon, on ne pouvait pas qualifier cela de négociation. La direction a mis cinq points sur la table, à prendre ou à laisser. L'alternative était la fermeture. Après quatre heures, c'en était fini. Nous n'avions encore jamais vécu cela chez Bayer”.
Bruno Verlaeckt : “Nous avons précisé clairement que nous voulions discuter d'éventuelles solutions pour faire des économies, mais sans toucher aux salaires, à l'index ou au système de réduction du temps de travail”.
Vous avez précisé clairement dès le départ qu'il ne pouvait en être question, pourquoi adopter directement une attitude si dure ?
Bruno Verlaeckt : “Faire des concessions chez Bayer, c'est ouvrir la porte à des concessions dans tout le secteur de la chimie. Il s'agit d'une entreprise faisant autorité dans la chimie. Nous avons dès lors conclu directement un 'pacte intersyndical' entre tous les syndicats concernés, la Centrale Générale, le SETCa, la LBC et la CSC Chimie. Cela voulait dire que dans aucune entreprise de la région un règlement abaissant le revenu et/ou augmentant la durée de travail dans le secteur ne verrait le jour".
Jan Martens : “Il ne fallait absolument pas que nous nous laissions séparer. La force de notre réaction est aussi liée à la qualité de notre délégation syndicale chez Bayer. Si nous devons mener cette lutte quelque part, que cela soit de préférence dans cette entreprise. La délégation a dû mettre toutes voiles dehors”.