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12/01/2010 12:36 Imprimer

Bayer Anvers ne fermera pas

(Suite)

 

 

 
Les médias vous ont directement pointés du doigt : plutôt fermer une entreprise que de faire des concessions.

Bruno Verlaeckt : “Les médias ont avalé sans broncher le récit de la direction locale de Bayer, qui voulait nous dresser contre nos collègues allemands à Urdingen (le deuxième siège de Bayer produisant du polycarbonate). Le site allant le plus loin dans les concessions pouvait rester ouvert, l'autre allait devoir fermer ses portes irrémédiablement”.

Jan Martens : “Nous avons pris contact nous-mêmes avec le syndicat allemand. Une partie de la délégation syndicale a immédiatement pris la route en direction d'Anvers. Très instructif. Qu'est-il apparu ? Leur direction leur a raconté un tout autre récit. La réduction de capacité en polycarbonate n'était pas si urgente et de surcroît, Anvers allait continuer quoi qu'il en soit à tourner à plein régime. Ces informations, nous les avons reçues grâce aux contacts informels que la délégation a noués au fil des années via le comité d'entreprise européen. D'où l'importance pour un syndicat de penser à l'échelon mondial”.

Bruno Verlaeckt : “En outre, il est tout à fait erroné de dire que nous n'avons pas voulu négocier. Nous le voulions et le voulons toujours maintenant. Mais pour cela, il faut être deux, c'est du donnant donnant. Et le dossier sur la table, la "sécurité d'emploi", est une boîte vide. Nous avons déjà conclu de tels accords chez Bayer par le passé, mais regardez l'évolution de l'emploi ! De 2700 à 842 en dix ans. Les faits en disent long. L'entreprise a d'ailleurs toujours continué à faire des bénéfices. En 2009, il s'agissait encore de 190 millions d'EUR”.

 
Fin décembre, presque tout le monde, jusqu'au ministre-président flamand Peeters, condamnait votre comportement, le jugeant dangereux et irresponsable. Qu'en pensez-vous ?

Bruno Verlaeckt : “Nos délégués ont rencontré des difficultés en raison de l'avalanche d'informations erronées diffusées sur le dossier. Juste après l’échec de la dernière 'conciliation' au ministère de la Concertation sociale (lors de laquelle la direction s'est contentée de répéter sa position), une information d'entreprise était déjà prête à condamner leur attitude. Le week-end suivant, les médias n'ont eu de cesse d'annoncer que les syndicats jouaient avec l'avenir de 842 ménages. Et, cerise sur le gâteau, le ministre-président flamand s'en est mêlé lors du 'Zevende Dag', mettant lui aussi le dossier dans le même panier qu'Opel et DHL. Probablement pour montrer qu'il était capable d'agir".

Jan Martens : “La délégation a directement organisé 25 assemblées du personnel, en pauses. Le récit complet a été révélé personnellement à chaque travailleur. Les délégués ont ainsi regagné la confiance du personnel, ils ont parfois même été accueillis par des applaudissements. Chapeau à ces types !”.

 

Ce dossier a connu un épilogue particulier : le haut dirigeant européen est descendu à Anvers pour annoncer qu'il n'était pas question d'une fermeture. Que s'est-il alors passé ?

Jan Martens : “Il est clair que la direction locale a été rappelée à l'ordre. Elle avait engagé un processus qu'elle n'avait plus sous contrôle. Ce qui était en substance un dossier d'entreprise, a été utilisé par Pierre, Paul et Jean pour tirer des ficelles politiques ou autres”.

Bruno Verlaeckt : “Nous restons toujours disposés à négocier, mais sérieusement cette fois, sans petits jeux. J'ai encore reçu une carte de vœux du directeur d'Anvers, il sait donc encore où nous habitons (rires)”.