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24/09/2013 14:49 Imprimer

Barèmes: l’Open VLD jette de la poudre aux yeux

 
Après la remise en cause de l’indexation automatique des salaires et le gel des augmentations salariales classiques pendant au moins 2 ans, l’Open VLD s’attaque à présent aux augmentations barémiques des travailleurs. Voilà ce qui ressort de la résolution qu’il a déposée à la Chambre et qui va être transmise à la Commission des Affaires sociales. Ainsi donc, la créativité des responsables politiques pour restreindre les salaires des travailleurs et limiter leur progression automatique atteint un nouveau sommet.

 

Il n’est pas rare d’entendre les responsables politiques et patronaux  accuser les échelles de salaires (barèmes) de source de toutes sortes de maux. A bien des égards, leur argumentation ne tient pas. Selon eux, les barèmes constitueraient une discrimination sur le plan juridique. Le droit du travail est truffé de droits et d’obligations liés au critère de l’ancienneté (pensons seulement à l’indemnité de préavis). Mais, sans doute, l’Open VLD veut-il semer délibérément la confusion en recourant au terme 'âge' utilisé par le passé pour déterminer un salaire dans un barème déterminé, critère qui pouvait être remis en cause au niveau européen. Pour éviter tout risque, les partenaires sociaux ont toutefois réglé ce problème depuis des années.    

 

Il est classique également de voir les seuls barèmes salariaux montrés du doigt lorsqu’il s’agit du faible taux d’activité des travailleurs âgés. C’est oublier un peu vite que chez les ouvriers, il n’y a pas de barèmes et que le taux d’emploi des ouvriers âgés n’est pas plus élevé… Cherchez l’erreur, ils ne coûtent pas plus chers que les plus jeunes dans l’entreprise, puisque pas rémunérés à l’ancienneté !

 

Il existe d’ailleurs toutes sortes de réductions ciblées pour le recrutement de travailleurs âgés qui les rendent souvent moins chers que des demandeurs d’emploi plus jeunes. Si ceci ne permet guère de modifier les choses, voilà bien la preuve pour le SETCa que le “problème” le plus important en matière de faible taux d’activité des travailleurs de + de 55 ans se situe dans la mentalité des des patrons. Ce qui est injuste. Les travailleurs comptant plus d’ancienneté disposent de toute évidence de plus d’expérience, mais s’avèrent aussi plus loyaux dans la pratique à l’égard de leur entreprise. Ces deux aspects peuvent aussi être récompensés par le biais du salaire.

 

Et les travailleurs sont d’ailleurs de cet avis. Divers sondages font apparaître que les travailleurs – indépendamment de leur âge – considèrent qu’il est juste et logique d’être rémunéré en fonction de l’ancienneté. Ils démontrent ainsi qu’ils ont du bon sens. Dans l’entreprise, ceci permet d’éviter la jalousie entre collègues et le favoritisme des patrons. Un exemple tiré de la pratique : il existe toujours un important fossé salarial entre hommes et femmes. Sans échelles de salaires objectives et transparentes, basée sur des classifications analytique de fonctions, ce fossé risquerait bien de devenir un Grand Canyon.

  

Enfin, l’Open VLD trace une caricature de la réalité. D’abord, la constatation selon laquelle les travailleurs âgés gagnent plus que les jeunes ne résulte pas seulement de l’effet des barèmes. De surcroît, nos propres études font apparaître que les 'augmentations' les plus importantes inhérentes aux barèmes sectoriels sont accordées surtout au cours des 10 premières années pour les fonctions peu qualifiées. Pour les fonctions supérieures, les augmentations s’étendent surtout jusqu’à 20 ans, ce qui reflète donc parfaitement la plus longue courbe de formation. Pour le SETCa, cette proposition fait réapparaître au grand jour cette obsession malsaine des responsables politiques et des patrons à l’égard des salaires des travailleurs de notre pays. Patrons et droite demeurent aveugles aux articles dans les journaux qui état d’un nombre record de millionnaires alors que dans le même tempsde plus en plus de ménages sont confrontés à des dettes intenables, ou doivent multiplier les seconds ou troisièmes jobs pour pouvoir survivre !

 

Ce que les patrons et la droite veulent, sous couvert de supprimer les discriminations (un air déjà entendu… par exemple dans l'harmonisation des statuts ouvriers/employés)  c’est individualiser la rémunération des travailleur,  mesurer la performance des travailleurs, la 'carotte' et /ou le bâton pour que le travailleur avance. Dans leur schéma de pensée tout critère d’automatisme dans l’augmentation des salaires est à bannir (index, barèmes, norme) !

 

Après le gel des salaires, le démantèlement de l’index et l’augmentation constante de la flexibilité, est-ce à présent le tour des barèmes salariaux? Entre-temps, le SETCa  attend toujours impatiemment les propositions sérieuses permettant de mettre en œuvre une juste fiscalité. Peut-être les responsables politiques pourraient-ils enfin s’y mettre ?

 

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