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16/03/2017 13:51 Imprimer

Manifestation Non-marchand 21 mars

Assez de jouer avec les pieds des travailleurs du non marchand

Dans notre société, le non marchand est partout : des hôpitaux aux maisons de repos, en passant par l’aide à la jeunesse ou encore le socio culturel, etc. Un secteur diversifié, important en taille mais aussi à travers les prestations qu’il offre. On ne peut en effet pas se passer des services du secteur non marchand, ils sont indispensables voire vitaux. Et pourtant, depuis de nombreuses années, les responsables politiques et les employeurs semblent accorder bien trop peu de considération aux travailleurs qui y sont occupés. Le 21 mars prochain, ceux-ci se rassembleront à Bruxelles lors d’une nouvelle manifestation. Une énième façon de tirer la sonnette d’alarme. Place à un accord social dans le non marchand ! Christian Masai et Jan-Piet Bauwens, Secrétaires Fédéraux en charge du secteur nous explique pourquoi il y a urgence.

 

Depuis plusieurs mois maintenant, vous réclamez une amélioration des conditions de travail…

Christian Masai : «Pas depuis plusieurs mois, mais depuis bien plus longtemps ! Ces dernières années, les mesures d’austérité à répétition nous ont empêché de conclure un accord social. Les travailleurs ont le sentiment d’être les éternels laissés pour compte. Ils ont suffisamment pris patience, il attendent aujourd’hui un geste et de vraies avancées concrètes. »

Jan-Piet Bauwens : «Il faut le vivre pour le comprendre. Je mets d’ailleurs au défi Maggie De Block ou n’importe quel ministre d’être le temps d’une seule journée dans la peau d’un travailleur des soins de santé. Le constat est le même pour les autres sous-secteurs du non marchand. Ces jobs sont souvent mal payés, ils demandent beaucoup (trop) de flexibilité et de polyvalence, les moyens sont perpétuellement rabotés et les conditions de travail sont éprouvantes, le manque de bras est criant et la pression est constamment à son maximum… »

 

En novembre, vous étiez 20.000 à défiler dans la rue. Avez-vous le sentiment que cela a quelque peu fait bouger les choses ?

J-P.B. : « Les politiques ont constaté que nous étions déterminés à nous faire entendre mais ils ne l’ont pas encore totalement ‘intégré’, semble-t-il... Suite aux actions du semestre dernier, un calendrier de négociations a été mis en place. Et les discussions ont commencé… Mais sur une base insuffisante puisque les gouvernements disent toujours ne pas être prêts à libérer du budget pour le secteur. Comment voulez-vous négocier un accord social sur base d’une enveloppe vide ? »

C.M. : « Les travailleurs ont le sentiment qu’on joue avec leurs pieds. Les responsables politiques nous jettent de la poudre aux yeux en acceptant de se mettre autour de la table mais ils ne nous prennent pas au sérieux nos revendications. Il est temps de les secouer à nouveau ! C’est ce que nous ferons le 21 mars prochain lors d’une nouvelle manifestation à Bruxelles et le 28 avril à Namur. Les travailleurs du non marchand mettrons tout en œuvre pour que leur cri d’alarme soit enfin entendu… »

Vous dites qu’à travers la conclusion d’un nouvel accord social non marchand, c’est aussi la qualité des services que vous défendez…

J-P.B. : « Tout à fait. Des conditions de travail de qualité sont indissociables d’un service de qualité. Sur le terrain, celles-ci se dégradent de plus en plus et le manque de personnel et de moyens se font cruellement sentir. Il n’y a pas que les travailleurs qui en subissent les conséquences, les patients aussi. Nous plaidons pour des emplois, des emplois et encore des emplois. Ainsi que pour le droit à un travail à part entière avec des contrats à durée indéterminée. »

C.M. : « Bon nombre de travailleurs sont usés par la charge de travail, par la pression, par des horaires éreintants… Il est temps de s’atteler à des emplois décents, qui sont physiquement supportables et qui permettent de concilier vie privée et vie professionnelle de façon plus équilibrée. Il y a là une réelle nécessité et une opportunité d’avancer dans la réduction collective du temps de travail, sans perte de rémunération et avec embauche compensatoire. Ces travailleurs souffrent aussi d’un pouvoir d’achat au plus bas depuis plusieurs années. Nous réclamons une amélioration des salaires bruts, des frais de transport ainsi qu’un 13ème mois. »

J-B.W. : «  Il s’agit de demandes justifiées et urgentes. Des revendications essentielles pour les travailleurs, tout comme le secteur non marchand l’est au sein de notre société... »


Le parcours de la manifestation

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