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26/03/2008 12:49 Imprimer

POINT DE VUE

Améliorer le pouvoir d’achat par l’indexation ET de réelles augmentations des salaires


Personne ne peut nier que le pouvoir d’achat des travailleurs soit mis sous pression. L’augmentation des produits alimentaires, des prix de l’énergie, des loyers… chacun la ressent quotidiennement au niveau de son porte-monnaie.

 

L’indexation des salaires et des allocations sociales compense heureusement cette augmentation croissante du coût de la vie. Peut-être pas complètement car ledit ‘index santé’ (auquel salaires et allocations sociales sont liés) ne tient pas compte du prix de l’essence et du gasoil. L’effet compensatoire est ralenti également en raison de l’index dit ‘lissé’ (c’est la moyenne des 4 derniers mois qui est prise en compte). Enfin, les prix de marchandises vitales comme l’alimentation et l’énergie pèsent aujourd’hui moins dans l’index, alors que des produits comme les TV, les PC et les GSM (dont les prix baissent) y représentent une part plus importante.

 

L’index et les mécanismes d’indexation ne sont donc certainement pas idéaux. Il n’en reste pas moins que notre système d’indexation est unique et qu’il convient donc de le préserver. Il est clair également que l’indexation des salaires et des allocations sociales va jouer pleinement au cours des prochains mois.

 

Par ailleurs, dans la plupart des secteurs, les employés verront cette année, en plus des indexations, leur salaire réel augmenter dans la mesure où les accords sectoriels ont essentiellement planifié ces augmentations salariales en 2008. Hormis une exception, nulle part les secteurs d’employés n’ont accepté d’accords accords avec mécanisme de correction. En d’autres termes, à la fois les indexations et les augmentations salariales réelles prévues seront appliquées cette année. Dans les milieux patronaux, des voix s’élèvent déjà pour que les accords all-in soient rendus obligatoires partout. Le SETCa continuera de s’y opposer. Ce que nous connaissons avec la hausse de l’inflation démontre que nous y avons intérêt.

Alors que les indexations doivent compenser l’augmentation du coût de la vie, les augmentations salariales réelles ont pour but d’octroyer aux travailleurs leur part légitime dans l’augmentation des richesses produites.

 

Il est clair que la part des revenus du travail dans la richesse créée dans ce pays a diminué au cours des dernières années, alors que la part des revenus du capital a augmenté. Pour nous, ce déséquilibre est devenu inacceptable. Tel sera l’enjeu des négociations interprofessionnelles de la fin de cette année et des négociations sectorielles du début de l’an prochain.

A cet égard, le SETCa continuera de donner la priorité aux augmentations du salaire brut. Ce salaire brut qui contribue en effet à la constitution de droits en sécurité sociale : pensions et autres allocations...

 

Par opposition, un nouveau système de bonus est d’application depuis le début de cette année. Ledit « système des avantages non-récurrents liés aux résultats » est évidemment tentant en raison de l’avantage (para)fiscal qu’il comporte pour le travailleur et – encore plus – pour l’employeur. Il n’est cependant ni durable, ni pris en compte pour le calcul de la pension, du pécule de vacances, de la prime de fin d’année, etc. En effet, ces bonus ne sont pas considérés comme du salaire.

 

Le SETCa va donc faire preuve de prudence face à ce nouveau système. Au cours des négociations salariales, nous continuerons à donner la priorité à des augmentations des salaires bruts. S’il est possible par ailleurs de négocier un petit complément, nous ne manquerons évidemment pas de le faire. Dans ce cas, ce petit plus, le "bonus", doit être prévu pour un public d’employés le plus large possible, y compris les cadres. Nous n’admettrons pas non plus la moindre utilisation abusive de ce système. Beaucoup d’employeurs ne seraient que trop heureux de ne plus accorder à l’avenir les augmentations salariales que de cette manière. Il nous semble qu’il s’agit-là d’une voie dangereuse que nous n’emprunterons pas.

 

         Myriam Delmée          Erwin De Deyn

          Vice-présidente                Président