Accord social chez DHL

Après plusieurs mois d’incertitude, un accord social a finalement été conclu chez DHL (Headquarters) à la suite du déménagement du siège principal de Diegem vers Leipzig en Allemagne. Plus de 600 personnes perdent leur emploi. Entretien avec Erlend Nagel, l’un des délégués du SETCa qui vient d’arracher un accord chez DHL HQ (les négociations sont toujours en cours auprès des autres entités).
« Dès le début, il est apparu que la direction n’avait pas l’intention de faire beaucoup de concessions. Elle a tout simplement clôturé unilatéralement la première phase imposée par la loi en cas de licenciement collectif (la loi Renault). Pour elle, l’affaire était entendue : « Elle nous avait informés et consultés » et puis basta ! En ce qui concerne la direction, la porte était dès lors refermée. »
Comment avez-vous finalement pu renverser la situation ?
« Nous avons décidé de passer à la grève. C’était la première fois que nous passions vraiment à l’action au siège principal. La direction a tout mis en œuvre pour retenir les gens. Ils ont ainsi essayé de diffuser le mythe qu’il faut prendre un jour de congé pour pouvoir faire grève. Vous vous imaginez ! »
Cette tactique n’a-t-elle pas eu l’effet contraire ?
« La direction s’est tout de même tiré une balle dans le pied. Elle a par exemple organisé ses propres assemblées du personnel pour défendre son plan. La manière dont elle l’a fait était tout simplement humiliante. On racontait sans rougir que les membres du personnel de la comptabilité n’avaient pas à se plaindre « parce qu’on leur offrait quand même un emploi au Costa Rica ». La situation était devenue à ce point ridicule que la comptabilité décida spontanément de passer à la grève. »
Vous avez d’abord fait grève, mais vous êtes passés ensuite à des blocages. Pourquoi ?
« Notre stratégie a consisté à augmenter systématiquement la pression. En empêchant l’enlèvement de colis à des endroits tactiques, nous avons pu faire mal à la direction, plus qu’avec une grève. Finalement, - et grâce aussi aux contacts syndicaux internationaux - le CEO de DHL est intervenu à partir de l’Allemagne. Nous nous sommes ensuite assis autour de la table et avons pu solidement négocier un plan social. »
Quels sont les principaux points de ce plan ?
« Nous voulions permettre à un maximum d’employés et de cadres de bénéficier des avantages du plan social, même s’ils gagnaient pas mal. Nous avons beaucoup de membres parmi les cadres et nous ne voulions pas les laisser sur le carreau. Ça a bien réussi. De même, les conditions pour pouvoir déménager (même s’il n’y a qu’un petit pourcentage du personnel à le faire) sont accessibles à chacun. Ce qui est important aussi, c’est que nous avons pu obtenir une formule Claeys renforcée pour chacun. En particulier les employés à bas salaire vont sentir la différence. A présent, il ne nous reste plus que quelques petits points à négocier avec la direction ».
Bonne réussite !