Début des négociations de l'AIP. C’est quoi? Que veut le SETCa?

AIP. Accord interprofessionnel. Vous en entendrez encore beaucoup parler dans les prochains mois. Et à juste titre, car c'est accord a son importance. Bref aperçu.
L'accord interprofessionnel fixe les grandes lignes
Tous les deux ans, représentants des employeurs et des travailleurs se rencontrent au plus haut niveau afin de définir dans quel cadre les négociations dans les secteurs et les entreprises pourront se dérouler pour les deux années à venir.
De chaque côté de la table, cinq personnes, tant pour les employeurs que pour les travailleurs. Il s'agit du 'Groupe des 10’. En fait, ils sont 11, car le président de la FEB est également le président du groupe des 10, mais n'est pas compté dans les 10.
Il s'agit avant tout d'une concertation directe entre syndicats et patrons. Dans la pratique, le Gouvernement intervient parfois préventivement ou a posteriori pour soutenir des mesures susceptibles de favoriser la réalisation d'un accord.
Si des négociations ont lieu dans votre secteur ou votre entreprise, elles sont toujours liées par les modalités convenues tous les deux ans au sein de ce groupe des 10. Ce sont donc d'importantes négociations qui touchent tous les travailleurs du secteur privé belge.
Une règle générale protège le plus faible
Il est primordial à nos yeux de conclure un accord accordant des droits minimums aux travailleurs des secteurs les plus faibles, mais laissant tout de même une marge pour obtenir un peu plus dans les branches d'activité plus nanties.
Il est surtout important de conclure un accord au plus haut niveau pour le relèvement du pouvoir d'achat des personnes occupées dans de petites entreprises ou gagnant peu. Tous ne disposent pas dans leur entreprise ou secteur du pouvoir syndical nécessaire pour amener les employeurs à signer de bons accords. Il est donc essentiel d'imposer des normes minimales pour tous.
Amélioration du pouvoir d'achat
Ces normes minimales ne peuvent évidement empêcher le dégagement d'une marge pour des extras. Car il y a une marge pour plus. Il doit y avoir une marge pour plus. Surtout à une époque où un nombre croissant de personnes, même celles travaillant à temps plein, rencontrent de plus en plus de difficultés pour payer leurs charges quotidiennes.
Les négociations ont débuté cette semaine. Elles se poursuivront jusqu’à début décembre. Le rapport du Conseil Central de l'Économie (CCE) joue un rôle en la matière. Les employeurs l'interprètent à leur avantage, mais ce rapport contient aussi des éléments plaidant en notre faveur, et donc en faveur des travailleurs.
Pour nous, les éléments à mettre sur papier sont évidents. Certains aspects améliorant la qualité du travail, comme la nécessité de formation du personnel et d'innovation dans les entreprises proprement dites.
Autre aspect important : la réalisation de mesures de solidarité pour le pouvoir d'achat. Nous misons à cet égard sur trois points : l'augmentation du salaire minimum garanti, le relèvement du double pécule de vacances, au montant du salaire mensuel complet (le pécule représente actuellement 92% de ce montant) et une augmentation du remboursement des frais de déplacement.
La norme qui sera convenue doit aussi être indicative et doit, quoi qu'il en soit, laisser la possibilité de négocier librement dans les secteurs et les entreprises. Et on ne touche pas à l'index.
Le Gouvernement doit prendre ses responsabilités
À l'aube de l'hiver, il est important des réitérer notre revendication en faveur de l'abaissement de la TVA sur le gaz et l'électricité de 21 à 6%. Il convient de prévoit un exemple analogue pour le remplissage de votre citerne à mazout. De nombreuses personnes se chauffent en effet à l'électricité et au gaz naturel, mais d'autres le font au mazout. En matière énergétique, le Gouvernement doit aussi veiller à ce que les efforts fournis en faveur d'une vision plus durable de l'énergie touchent aussi ceux qui n'ont pas l'argent (ou l'habitation) pour faire installer d'onéreux panneaux solaires sur leur toit.
Pour le SETCa, il est important de faire accepter le principe de 'dégressivité positive' au niveau des allocations de chômage. Concrètement, cela signifie l'augmentation des allocations de chômage la première année jusqu'à minimum 60% du dernier salaire et le relèvement du plafond pour le calcul des allocations de chômage. Pour de nombreux employés, devenir chômeur, c'est tomber subitement dans les problèmes pour rembourser la maison ou payer les études des enfants.
Le mieux, c'est évidemment de pouvoir conserver son emploi. Et en cette période de difficultés économiques, surtout, les premiers à la rue sont les personnes ayant des contrats anormaux (intérimaire, temporaires, …). Le SETCa et la FGTB insistent pour une meilleure protection sociale de ces catégories de travailleurs vulnérables.
Nos revendications sont connues, et les négociations commencent. La balle est dans le camp des employeurs. Le Gouvernement, lui aussi, ne peut plus fuir ses responsabilités.
Nous pourrons dresser un bilan précis de la situation début décembre. Plus d'informations sur le sujet dans notre prochaine newsletter.