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13/09/2010 15:22 Imprimer

Erwin De Deyn - Myriam DelméeAbsurde! 

Les pourparlers sur la formation d'un nouveau gouvernement se déroulent péniblement, c'est le moins que l'on puisse dire. L'indispensable confiance entre ceux qui devront le composer est clairement absente. Pourtant, un nouveau gouvernement est plus que jamais nécessaire pour relever les défis socio-économiques.

 

La crise économique n'est clairement pas encore derrière nous; il est question d'un "double dip". Cela signifie qu'après une petite reprise (certains pensaient déjà que le bout du tunnel était en vue) arrive maintenant une nouvelle rechute. Un plan de relance ambitieux – de préférence à l'échelon européen avec des angles d'approche spécifiques dans chacun des États membres – est plus que jamais nécessaire. Aux États-Unis, M. Obama lance une bonne amorce en la matière en annonçant 50 milliards d'euros d'investissements dans les travaux publics et l'infrastructure, dont il espère des répercussions positives sur les finances publiques grâce aux effets "retour". Entre-temps, nous nous débattons dans notre petits pays avec 25 milliards de déficit budgétaire à éponger dans les 4 ans. L'ampleur de ce montant (€2500 par an et par Belge) peut aujourd'hui aussi être évaluée en établissant une comparaison avec ce que M. Obama pense dépenser en travaux d'infrastructure ces prochaines années dans un grand pays comme les États-Unis. Nous l'avons déjà écrit ici: il est absurde de penser que Monsieur Tout-le-Monde doit payer pour ce déficit. Ce sont les responsables qui doivent le faire: les banques et les nantis. De surcroît, les travailleurs ont droit à du pouvoir d'achat supplémentaire, qui sera aussi l'enjeu des prochaines négociations interprofessionnelles pour un accord 2011-2012. Hors de question d'accepter la comparaison avec l'Allemagne, qu'aiment à faire les employeurs pour prêcher une politique de modération salariale. Cela ne mènera qu'à une concurrence européenne sur le plan social, avec toutes les conséquences qui en découlent, ce qui ne profitera pas à l'économie européenne. Des perspectives absurdes d'appauvrissement collectif engendreront une spirale de régression économique.

Dans ce contexte, des scénarios catastrophe sont lancés pour scinder ce petit pays. Comme si les problèmes ne suffisaient pas encore. S'il y a bien une chose dont nous sommes certains, c'est qu'une scission de la Belgique ne conduira qu'à un appauvrissement collectif de la population belge. Nous trouvons dès lors absurde d'entendre les politiques s'exprimer sur le sujet. Nous sommes aussi convaincus que la population active et les allocataires ont tout intérêt  à ce que la sécurité sociale reste fédérale, ainsi que le droit du travail et les conventions collectives de travail. Si ce n'était plus le cas, le dumping social entre les régions conduirait au démantèlement des acquis existants sur le dos des travailleurs. Nous estimons dès lors que ce qui était déjà sur la table lors de la préformation allait trop loin: la régionalisation et/ou communautarisation des allocations familiales et des soins de santé signifient le début du démantèlement de la sécurité sociale fédérale. Une régionalisation plus avancée de la politique du marché du travail, y compris l'utilisation des réductions de cotisations pour des groupes cibles d'actifs, remet en cause le caractère fédéral du droit du travail et conduira aussi, à terme, à la régionalisation des rentrées de la sécurité sociale.

C'est pourquoi nous appelons tous les responsables, les politiques et la société civile à veiller à ne pas détruire ce que nous avons constitué ensemble (Wallons, Flamands et Bruxellois). Le SETCa mettra tout en œuvre pour l'éviter.