
AIP « sauce gouvernementale » inacceptable
A corriger maintenant au parlement!
Qui sait, cela fera peut-être bientôt un an que nous serons sans un gouvernement disposant de pleins pouvoirs. Après des mois d'immobilité complète, nous observons que le nouveau parlement reprend petit à petit une partie du travail. Le SETCa appelle dès lors le parlement à prendre ses responsabilités lors de la discussion de l'AIP « gouvernemental ».
Curieux grand écart
Dans des circonstances normales, ce n'est pas à un gouvernement en affaires courantes à prendre d'importantes décisions politiques. Le gouvernement utilise cet argument pour reporter certaines décisions moins importantes. Il serait dès lors bizarre que le gouvernement tranche bien le nœud au moment d'approuver l'accord interprofessionnel, sans que le parlement puisse faire son travail. L'AIP « remanié » tel que le gouvernement le présentera au parlement mérite un débat en profondeur. Le SETCa souhaite dès lors sensibiliser les partis sur le sujet à l'occasion d'un éventuel vote de la loi au parlement, car il y a encore de nombreuses pierres d'achoppement dans la proposition.
Votre salaire
Les parlementaires qui approuveraient l'accord comme tel accepteraient zéro euro d'augmentation pour les travailleurs en 2011. Et l'an prochain, en 2012, 0,3% seront autorisés. Cela représente € 6 par mois pour un salaire mensuel brut de € 2000. Même avec notre index, cela revient à appauvrir les travailleurs. Le système d'indexation permet en effet à nos salaires de suivre les prix… Mais depuis 1996, il ne tient plus compte des prix de l'essence et du diesel. Et qui se rend à la pompe, sait qu'avec € 6, on ne va plus bien loin. Le SETCa plaide en faveur d'une norme salariale non impérative. De manière à ce que l'on puisse négocier librement et plus dans les secteurs et entreprises se portant bien.
Votre index
L'AIP se tait pour l'instant à propos de l'index, le gouvernement dit même vouloir le maintenir mais entre-temps, la critique par rapport au système enfle de différents côtés. L'Europe, la Banque Nationale de Belgique,… tout le monde n'a actuellement à la bouche que les « frais salariaux », qui sont « trop élevés ». Un index qui donne trop, trop vite ! il faudrait ralentir l’index, le modaliser, le forfaitariser… Le lisser encore plus. Bref le maintenir mais sans contenu, une coquille vide ! En clair: les travailleurs gagnent de trop, l'index doit passer à la trappe. Que de plus en plus de personnes aient des difficultés financières, même si elles ont du travail, n'est apparemment pas si important à leurs yeux. Pour le SETCa, le problème ne se situe pas au niveau de votre salaire, mais bien au niveau des prix. Ils montent bien plus rapidement chez nous que dans les pays voisins. Ils ne baissent presque jamais. Le SETCa appelle dès lors le parlement à ne pas se laisser entraîner dans le récit « allemand ». Votre index n'est pas le problème. Il mérite dès lors d'être protégé par le parlement, qui représente la population. Un meilleur contrôle des prix des denrées alimentaires et des coûts de l’énergie, voilà une solution prôner plus tôt que de s’en prendre à l’index !
Votre statut
L'AIP-bis est présenté par le gouvernement démissionnaire comme la « première étape » vers l'harmonisation des statuts. S'il en va effectivement ainsi, les perspectives ne sont pas bonnes. Pour les ouvriers, cet accord n'est qu'un petit pas en avant. Même le « jour de carence », un système scandaleux par lequel les ouvriers ne reçoivent pas de salaire pour le premier jour de maladie, n'est pas supprimé. Nous demandons au parlement de le supprimer au plus tard en 2014 et aussi de soutenir tous les amendements possibles améliorant le statut d'ouvrier. Le but doit être un minimum de 3 mois par tranche de 5 ans d'ancienneté, sans faire glisser les coûts sur la collectivité.
Les perspectives ne sont pas bonnes non plus pour les employés. La perte sur vos délais de préavis semble limitée, mais la prochaine direction est claire: les employés devront faire des concessions. Le SETCa reste favorable à de nouvelles négociations sur la base de nouvelles pistes dans le cadre de notre objectif: égalité de traitement entre ouvriers et employés, sans rogner le statut des employés et sans faire payer la collectivité, un licenciement qui coûte cher à l’employeur, c’est cela aussi une plus grande sécurité d’emploi . Il vaut mieux dès lors que le parlement rejette ces propositions.
Porte ouverte aux abus
La proposition de médiation sur la table introduira aussi de manière définitive le chômage temporaire pour employés. Hormis le fait que c'est à nouveau le travailleur qui en est pour ses frais, les critères prévus sont incroyablement permissifs. Il sera très simple pour les entreprises de vous mettre en chômage temporaire comme employé. Un contrôle syndical est à peine prévu. Il est absolument nécessaire à cet égard de durcir les critères économiques et de prévoir l'encadrement nécessaire à convenir par commission paritaire (ex : stabilité ou sécurité d’emploi pendant le temps où le chômage économique est utilisé). Il pourra ainsi être tenu compte des spécificités typiques de chaque commission paritaire. C'est aussi dans l'intérêt du Trésor: le chômage temporaire coûte de l'argent aussi aux pouvoirs publics. Nous continuons à dire que le chômage économique ne peut s’inscrire que dans une solution globale d’égalité de traitement ouvrier-employés, dans laquelle, personne ne perd !