SETCa > News > 2008 – 2018 : une décennie au goût amer pour les travailleurs des finances.

04/10/2018 12:01 Imprimer

2008 – 2018

Une décennie au goût amer pour les travailleurs des finances.

10 ans déjà ont passé... Pia Desmet et Jean Michel Cappoen, tous deux en charge du secteur des finances pour le SETCa Fédéral, se souviennent comme d’hier de cet automne 2008 où l’économie mondiale a basculé, plongeant les travailleurs dans l’incertitude. Ils dressent avec nous le bilan de cette décennie écoulée.

 

 

 

Sur le plan syndical, en 2008, avez-vous senti la crise arriver?

Pia Desmet : « Quand la crise a éclaté aux Etats-Unis, on n’a pas directement mesuré l’ampleur de l’impact que cela allait prendre aussi chez nous. Au début, on s’inquiétait mais dans une moindre mesure... En Belgique, nous avions des banques qui étaient en plein développement et qui étaient réputées pour être ‘fortes’. Je pense que personne n’a pu imaginer le gouffre dans lequel nous allions être plongés : ni les organisations syndicales, ni le personnel des banques, ni même les organismes régulateurs de l’époque (comme la FSMA) ou encore la fédération patronale Febelfin.

Jean Michel Cappoen : « Lorsque les annonces ont commencé à pleuvoir chez nous, cela été terrible. L’atmosphère qui régnait était celle d’une fourmilière en état d’alerte... Des tas de grandes réunions d’urgence s’organisaient un peu partout au niveau des conseils d’administration, des actionnaires principaux, etc. Les parties s’organisaient pour tenter de limiter la casse. Nous étions alors loin d’imaginer que tout allait sombrer... »

 

Ce séisme a permis de mettre en évidence les failles du système.

J.M.C.: « Les mesures systémiques n’existaient pas à l’époque, ce sont les banques qui s’autorégulaient. Et les entreprises de notation faisaient un peu la pluie et le beau temps sur la bonne santé de ces dernières. Cela s’est révélé être une erreur magistrale. La crise a forcé à prendre des mesures d’urgence qui étaient nécessaires. On a obligé les banques à revoir de fond en comble leur politique, d’investir dans leur fonds propres, de trouver des liquidités via un certain nombre de mesures d’économies, etc. et cela a créé un deuxième séisme : sur les travailleurs.

P.D. : « Après 2008, on a assisté à une dégradation de l’emploi de plus en plus importante dans le secteur bancaire. Les réductions de coûts de personnel se sont succédées à la chaîne un peu partout. La situation n’a plus jamais été la même ni pour le personnel ni pour la clientèle. »

 

Peut-on dire que nous subissons encore et toujours l’impact de 2008 ?

P.D. & J.M.C. : « Oui, nous en payons toujours le prix. C’est un secteur où la page ne se tourne jamais, qui est dans le tumulte permanent. Le personnel des finances a vécu cette crise très difficilement et a été mis à rude épreuve. Au-delà des mesures d’économies, on a aussi durant un certain temps diabolisé les travailleurs des banques. On leur a collé une étiquette alors qu’ils n’étaient en rien responsables de la tragédie qui se déroulait et qu’ils étaient parmi les premiers à en subir les conséquences. Nous sommes conscients qu’il existe un risque qu’une nouvelle crise financière se répète un jour, avec toutes les conséquences économiques et sociales qui en découlent… »

 

Share/Bookmark