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20/09/2017 13:43 Imprimer

125 ans du SETCa, 125 ans de solidarité

 

Cette année, le SETCa fête ses 125 ans d’existence. Sur le plan historique, il y a tout juste cinq quarts de siècle que se constituait le premier embryon de section régionale à Bruxelles. Depuis tout ce temps, de nombreuses conquêtes sociales ont vu le jour. La situation des employeurs et des travailleurs de l’an 2017 est bien différente de celle de 1892. Notre organisation syndicale, elle aussi, a évolué au fur et à mesure : elle a connu des difficultés, des défaites, des défis, des petites et des grandes victoires. Ce qui constitue l’ADN de notre syndicat était déjà présent à l’époque et l’est encore en chacun de nous aujourd’hui. Il se résume en un mot : solidarité ! Dans les prochains numéros de Syndicats, nous mettrons l’accent sur cet anniversaire important. Et pour démarrer cette rubrique spéciale ‘125 ans’ : retour sur les premiers moments forts de notre histoire sociale et syndicale jusqu’aux années ‘70…


1892 : le premier syndicat d’employés

Les premiers syndicats apparaissent dès 1860 mais ils rassemblent surtout des ouvriers de la grande industrie. Dans les entreprises, le nombre d’employés (de commerce, de bureau, de manufacture, etc.) est en augmentation. Tout comme les ouvriers, ces travailleurs et travailleuses subissent des conditions de travail très difficiles : un salaire dérisoire, une pression constante, des horaires lourds (de dix à douze heures par jour) et un environnement de travail hostile. En cas de maladie, c’est le licenciement assuré. En cas de retard, d’erreur ou de problème, le patron n’hésite pas à faire des retenues sur salaire ou à renvoyer du personnel. 

 
Peu à peu, le mécontentement s’installe aussi au sein de cette catégorie de travailleurs. En 1892, un groupement d’employés à Bruxelles  décide de constituer une association pour défendre les droits des comptables, caissiers, voyageurs, commis, receveurs, encaisseurs, magasiniers et bien d’autres… Ils lancent un appel dans le journal « le Peuple » afin de susciter des affiliations. En quelques jours, ils remportent un franc succès : le premier syndicat d’employés est né.  Celui-ci décide de reconnaître le programme du parti ouvrier belge (POB - lui-même né en 1885) et de s’y affilier.


L’année 1895 est marquée par la naissance du ministère du travail et d’une loi sur la pension. Plus tard, d’autres lois importantes voient le jour (notamment sur les accidents du travail, l’assurance obligatoire ou encore le repos dominical). Même si ces lois existent bel et bien sur papier, il faudra plusieurs années de lutte pour qu’elles soient véritablement appliquées dans les entreprises et respectées par les employeurs.


Le boom des sections régionales

Les années suivantes, des sections locales de syndicats d’employés se créent un peu partout en Wallonie (notamment à Liège, Verviers, La Louvière, Charleroi et Mons). L’expansion régionale continue après la guerre 14-18 et de nouvelles sections apparaissent en Flandre (à Anvers, Gand, Louvain et Ostende). Partout en Belgique, le mouvement se structure et prend de l’ampleur.


En 1920, le congrès national des employés, convoqué par le syndicat des employés de Bruxelles, propose la création d’une nouvelle centrale appelée  le Syndicat Général des Employés, Magasiniers, techniciens et voyageurs de commerce de Belgique. Elle regroupe environ 12.000 membres.


C’est l’époque de plusieurs avancées sociales fondamentales comme la journée de travail de 8 heures, le contrat d’emploi, l’instauration des vacances ou encore la pension légale pour employés.


Des premières CP à un véritable dialogue social

Dès 1936, on voit apparaître les premières commissions paritaires. D’abord dans le secteur bancaire, touché par un important mouvement de grève. D’autres voient ensuite le jour (comme les aides en pharmacie). Elles ont le mérite d’exister mais ne permettent pas d’aboutir à des résultats concrets tant les employeurs sont frileux à l’égard de la concertation sociale et des propositions syndicales.


La deuxième guerre mondiale marque l’arrêt soudain de toutes les activités syndicales : la lutte s’organise de manière clandestine.


Après la guerre, s’entame un processus de reconstitution des organisations syndicales à tendance socialiste. Une toute nouvelle organisation - la FGTB - voit le jour lors d’un ‘congrès de fusion’ en 1945. Elle regroupe diverses centrales dont celle des employé du secteur privé (SETV), qui deviendra le SETCa (syndicat des employés, techniciens et cadres) en 1949. Ses statuts seront actés lors d’un  congrès fondateur en octobre de la même année. Il représente la plupart des secteurs que nous connaissons à l’heure actuelle : le commerce, l’industrie, les œuvres sociales et soins de santé, les finances et institutions diverses.


Par la suite, un vrai dialogue social démocratique se structure peu à peu. En juillet 1946, un arrêté royal institue 40 commissions paritaires pour les ouvriers et une commission paritaire pour les employés (la CPNE)


Droits minimums et grandes conquêtes sociales

La première réalisation de cette commission paritaire est la signature d’un accord national qui fixe les règles générales applicables aux conditions de travail et de rémunération des employés. Ces mesures représentent le minimum obligatoire devant servir de base dans les secteurs et les entreprises. Une avancée essentielle donc : le premier pas vers le développement d’une action syndicale au niveau sectoriel. Dans les entreprises, on voit apparaître des CE et des comités de ‘sécurité et d’hygiène’. Dans le même temps, le nombre de militants augmente.


Plus tard, des CP sont créées progressivement par secteur : pour l’industrie, la métallurgie, les banques, les assurances, les grands magasins, les soins de santé.


Jusqu’à la fin des années 60, le dialogue social s’organise. Une série de conquêtes syndicales améliore progressivement la situation des travailleurs et des employés. L’acquis majeur est la création de notre système de sécurité sociale. On voit aussi apparaître de nombreuses avancées au niveau du contrat d’emploi, des préavis, du congé-éducation, des vacances annuelles, de la rémunération (salaire minimum garanti, 13ème mois) et de la réduction du temps de travail.


A partir des années 70, le SETCa, tout comme les autres syndicats, doit faire face à la crise industrielle. Les restructurations et fermetures d’entreprises se succèdent. A l’époque, le SETCa joue un rôle moteur dans l’élaboration de la formule de prépension, permettant ainsi d’éviter des conséquences sociales désastreuses pour certains travailleurs plus âgés..

 
Le SETCa a aussi joué un grand rôle dans les progrès en matière de réduction du temps de travail. Le secteur du commerce fut à la pointe à ce niveau. De 48 heures hebdomadaire sur le plan légal au lendemain de la guerre, on recule progressivement à 45 heures à la fin des années 50 puis à 40 heures dans les années 60.

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