18/11/2016 12:48 Imprimer

Nous voyons en eux l’avenir de la société. La droite ne semble y voir que de la main d’œuvre docile et bon marché. Pour parvenir à ses fins, il faut que la loi autorise toujours plus de flexibilité. Le gouvernement s’exécute.

 

Des règles toujours plus strictes pour l’octroi d’allocations d’insertion. Ré-introduction des « barèmes jeunes » - moins que le salaire minimum légal – pour les moins de 21 ans (mesure pourtant supprimée en 2015). Conversion du contingent du travail des étudiants de 50 jours en 550h… La flexibilité même au détriment du travail scolaire. Augmentation de la période de stage en cas d’incapacité de travail/invalidité ...

Chapitre 1 : le pouvoir d’achat

4. Baisse du salaire minimum pour les jeunes de 18 à 21 ans

À partir du 01/01/2017, le salaire minimum pour les jeunes entre 18 et 21 qui concluent pour la première fois un contrat de travail sera dégressif. Un pas en arrière, puisque cette mesure avait été supprimée en 2013 et que l’accès au RMMG (Revenu minimum moyen garanti) avait été fixé à 18 ans. Désormais, les jeunes de 20 ans ne percevront plus que 94% du RMMG, ceux de 19 ans 88% et ceux de 18 ans pas plus de 82%.

Chapitre 2 : la flexibilité

14. Les étudiants jobistes travaillent désormais en heures plutôt qu’en jours

Jusqu’ici, les étudiants jobistes pouvaient travailler 50 jours par an, indépendamment du nombre d’heures qu’ils prestaient lors de ces journées. Ces 50 jours sont à présent convertis en un « crédit » de 475 heures (jusque 158 jours donc !). C’est surtout une mauvaise nouvelle pour les personnes occupées dans des emplois peu qualifiés, qui travaillent déjà souvent à temps partiel. Ces personnes sont facilement remplaçables par des étudiants jobistes, qui peuvent désormais être affectés de manière bien plus flexible. Cette mesure risque de faire reculer l’emploi normal dans le secteur du commerce. À terme, cela risque même d’instaurer, pour les étudiants, une logique voulant qu’ils subviennent eux-mêmes à leurs propres besoins, alors qu’ils doivent avoir la possibilité de se concentrer sur leurs études.

Chapitre 3 : la sécurité sociale

29. Il faut comptabiliser 1 année de travail pour percevoir des indemnités en cas de maladie

La période de stage en cas d'incapacité de travail/invalidité (c.-à-d. le nombre de mois qu'il faut avoir travaillé avant de percevoir les indemnités de la mutuelle) passe de 6 mois à 1 an. Une mesure très dure pour les jeunes en incapacité de travail.

Chapitre 4 : le chômage

Le Gouvernement et le patronat semblent vouloir mettre les chômeurs à genoux pour les forcer ainsi à continuer à chercher du travail, coûte que coûte. Quitte à accepter des conditions de travail déplorables. Une manière pernicieuse de tirer le marché de l’emploi vers le bas.

37. Règles plus strictes pour l’octroi d’allocations d’insertion : pas pour les moins de 21 ans sans diplôme ni pour les + de 25 ans

Chaque année, de nombreux jeunes partent à la recherche d’un emploi. Des milliers d’entre eux ne trouvent pas directement. Ils demandent dès lors une « allocation d’attente » (appelée actuellement « allocation d’insertion »), une (faible) intervention leur permettant de compter sur une certaine forme de revenu. Depuis le 1er janvier 2015, le jeune sans emploi et sans diplôme de moins de 21 ans ne peut plus obtenir une allocation d’insertion. De même, le jeune qui a quitté l’école et ne trouve pas d’emploi ne peut plus introduire une demande d’allocation d’insertion après ses 25 ans, au lieu de 30 ans auparavant. Compte tenu du stage d’insertion d’un an sans allocation, il doit avoir terminé ses études à 24 ans, sans quoi il n’a droit à rien. Ceux qui font de longues études ou qui ont eu un petit incident de parcours durant leurs études sont pénalisés.

Chapitre 5 : les fins de carrière

Ce gouvernement introduit de très nombreuses mesures pour vous garder plus longtemps au travail. Il affirme à cet égard que c’est nécessaire pour sécuriser les pensions également à l’avenir. Comme toujours, la facture est exclusivement à charge des travailleurs : plus longtemps au travail, pension plus faible et démantèlement des ‘emplois d’atterrissage’, qui pourtant permettent rester plus longtemps au travail. Bien qu’il soit exact que le coût de la pension augmente pour la société, il n’est pas question d’une « avalanche ». Les économistes et politiciens de droite s’en servent comme échappatoire pour couper dans les droits sociaux des travailleurs, alors que les pensions en Belgique font déjà partie des plus faibles d’Europe. Est-ce d’ailleurs trop demander que de pouvoir profiter de la dernière période de sa vie en bonne santé dans une société moderne ? Oh ! et à propos… travailler plus longtemps, dans quels jobs déjà ?

45. Jeune et à la recherche d’un emploi ? La pension diminue !

Si vous avez la malchance de devoir chercher longtemps un emploi ou de devoir suivre un stage, vous risquez d’y perdre au niveau de votre pension. Le Gouvernement planifie un crédit maximum de 312 jours d’assimilation de telles périodes pour votre pension. Les stages, périodes de formation et jours couverts par une allocation d’insertion entreraient aussi en ligne de compte. Ce crédit vaut pour toute votre carrière. Autrement dit : si vous avez déjà utilisé beaucoup de crédit au début de votre carrière, vous risquez, pour les années suivantes, de retomber rapidement sur un droit minimum. Une brève période de chômage ou de RCC et vos droits de pension ne seront constitués qu’au minimum (voir également les mesures 44 et 46).