SETCa > 50 mesures qui font mal > demandeurs d’emploi, malades et pensionnés

18/11/2016 12:50 Imprimer

Le gouvernement a trouvé ses victimes préférées. Ils coûteraient soi-disant si cher, ces allocataires… Ils doivent être punis ! Pas de sensiblerie, le gouvernement y va franchement.

 

Perte de plusieurs de centaines d’euros de pension par mois suite aux changements dans le calcul des périodes assimilés pour la pension. Toute une série de médicaments moins bien remboursés. Hausse du prix de la visite chez les médecins spécialistes. Extension de la possibilité de contrôle à domicile des chômeurs et sanctions administratives renforcées. Diminution de l’enveloppe liaison au bien-être. Gel du budget des maisons médicales. Réforme accélérée des hôpitaux via une mise en réseau renforcée, rationalisation de l’offre de service, diminution du nombre de lits, fermeture de certains services et sites. Introduction des contrats individualisés d’intégration sociale pour les bénéficiaires du revenu d’intégration sociale...

Chapitre 3 : la sécurité sociale

21. Hausse du plafond du maximum à facturer

Le plafond du maximum à facturer permet aux malades chroniques ou de longue durée d’obtenir une gratuité des soins lorsqu’un plafond (variable en fonction des revenus) de dépenses de santé est dépassé. Ce plafond va être revu à la hausse, ce qui fera également augmenter la facture des malades chroniques ou ayant accumulé des coûts importants en soins de santé. Les malades avec un faible revenu seront les plus touchés !

22. Médicaments : plus chers

Certains médicaments sont moins bien remboursés comme les antibiotiques, le spray nasal, les antiacide...

23. Visite chez le spécialiste : plus cher

Le ticket modérateur (la part à payer par le patient) est passé à € 12 (au lieu de € 8,23 en moyenne précédemment), sauf pour les patients à faibles revenus, qui paient désormais € 3 (au lieu de € 2,81 en moyenne par le passé). De quels spécialistes s’agit-il ? Ceux dont on a souvent besoin : gynécologues, ophtalmologues, dermatologues, orthopédistes…

24. Pénalité si vous n’allez pas chez le dentiste chaque année

Le prix de la visite chez le dentiste grimpe pour les patients qui ont zappé leur visite annuelle l’année précédente, avec une augmentation moyenne de plus de 15%.

25. Réforme accélérée des hôpitaux, diminution du nombre de lits et gels budgétaires

Gel du budget des maisons médicales, réforme accélérée des hôpitaux par le biais d’une mise en réseau renforcée, rationalisation de l'offre de services, diminution du nombre de lits, fermeture de certains services et sites... Des mesures qui auront nécessairement un impact sur les travailleurs (il faut s’attendre à des pertes d’emplois), mais aussi sur la qualité des soins proposés aux patients.

26. Une indemnité de maladie à la baisse

Actuellement, l'indemnité de maladie représente environ 60% du dernier salaire. Le salaire de référence pour calculer l'indemnité de maladie va être revu à la baisse, ce qui aura des conséquences sur le pouvoir d’achat des malades alors qu’ils doivent déjà se soigner, acheter des médicaments, etc.

27. Le financement de l’État ne suit plus

L’enveloppe bien-être, destinée à revaloriser les allocations sociales les plus basses, sera amputée de 161 millions chaque année. Des économies sur le dos des allocataires aux revenus les plus bas, alors qu’ils peinent déjà à boucler les fins de mois.

28. Du bénévolat et un projet individualisé d'intégration sociale pour les bénéficiaires du CPAS

Pour pouvoir bénéficier d’un revenu d’intégration sociale, les nouveaux bénéficiaires doivent signer un projet individualisé. Le but serait de responsabiliser les bénéficiaires. Le système prévoit plusieurs évaluations et contrôles, ainsi que des sanctions en cas de non-respect. Une des possibilités offertes par ce « contrat » : le bénévolat. Une contractualisation qui ressemble à une nouvelle forme de chasse aux minimexés.

29. Il faut comptabiliser 1 année de travail pour percevoir des indemnités en cas de maladie

La période de stage en cas d'incapacité de travail/invalidité (c.-à-d. le nombre de mois qu'il faut avoir travaillé avant de percevoir les indemnités de la mutuelle) passe de 6 mois à 1 an. Une mesure très dure pour les jeunes en incapacité de travail.

30. Diminutions de cotisations patronales

Plusieurs réductions/exonérations de cotisations patronales sont entrées en vigueur en 2016 avec le « Tax shift » : dispense de cotisations sociales pour la première embauche entre 2016 et 2020, davantage de réductions de cotisations sociales pour les 5 engagements suivants et diminution du taux de base des cotisations patronales à la sécurité sociale, jusqu’à 25% en 2018. Cette mesure pourrait être bonne pour l’emploi… Oui, mais voilà, il n’y a aucune obligation de création d’emplois et quand ils sont créés, il s’agit avant tout d’emplois précaires. De plus, cette mesure a un impact lourd sur le financement de la sécurité sociale, qui pourrait même se retrouver à devoir faire de nouvelles économies…

Chapitre 4 : le chômage

Le Gouvernement et le patronat semblent vouloir mettre les chômeurs à genoux pour les forcer ainsi à continuer à chercher du travail, coûte que coûte. Quitte à accepter des conditions de travail déplorables. Une manière pernicieuse de tirer le marché de l’emploi vers le bas.

31. Suppression du complément d'ancienneté pour les nouveaux chômeurs âgés

Le complément d’ancienneté était un montant (une allocation) que le travailleur recevait à partir d’un certain âge, en complément de son allocation de chômage ordinaire s’il pouvait prouver, entre autres, une carrière suffisante (ancienneté). Le chômeur âgé recevait cette allocation après 1 an de chômage. Le système a été supprimé au 1er janvier 2015. Seuls les chômeurs qui ont réellement bénéficié de ce complément en 2014 y ont encore droit après le 1er janvier 2015.

33. Extension de la possibilité de contrôler les chômeurs à leur domicile

Dans le cadre de la chasse aux chômeurs, le gouvernement a prévu que les chômeurs pouvaient être contrôlés à domicile par l’ONEm entre 5 et 21 heures. L’assistance du syndicat ou d’un avocat n’est plus prévue. Cette mesure a été annoncée en 2015.

34. Sanctions administratives renforcées

En cas de défaut de déclaration obligatoire ou de déclaration tardive, inexacte ou incomplète, ou si la carte de pointage est mal remplie, l’ONEm peut infliger une sanction administrative d’une semaine sans allocation. Cette sanction est portée à minimum 4 semaines depuis le 1er janvier 2015.

36. Suppression de la dispense de disponibilité pour raisons sociales et familiales (à l’exception des aidants proches)

Il était possible pour un chômeur complet de se déclarer indisponible sur le marché de l’emploi pour des raisons sociales et familiales l’empêchant de chercher du travail. Le chômeur (pour 95%, des chômeuses) pouvait ainsi prendre soin d’un membre de sa famille malade et touchait une allocation réduite pendant un temps limité sans encourir de sanction. Évidemment, il fallait prouver les circonstances et au final, il revenait au directeur du service de chômage d’apprécier ces circonstances. Cette possibilité est supprimée depuis le 1er janvier 2015. Suite aux protestations syndicales, le Gouvernement a revu quelque peu sa copie : il y a maintenant un nouveau régime pour les chômeurs qui souhaitent fournir des soins, mais il est plus limité que l’ancien : la durée est fortement réduite et n’est possible que pour des soins palliatifs, à un proche gravement malade, ou à un enfant handicapé de moins de 21 ans.

37. Règles plus strictes pour l’octroi d’allocations d’insertion : pas pour les moins de 21 ans sans diplôme ni pour les + de 25 ans

Chaque année, de nombreux jeunes partent à la recherche d’un emploi. Des milliers d’entre eux ne trouvent pas directement. Ils demandent dès lors une « allocation d’attente » (appelée actuellement « allocation d’insertion »), une (faible) intervention leur permettant de compter sur une certaine forme de revenu. Depuis le 1er janvier 2015, le jeune sans emploi et sans diplôme de moins de 21 ans ne peut plus obtenir une allocation d’insertion. De même, le jeune qui a quitté l’école et ne trouve pas d’emploi ne peut plus introduire une demande d’allocation d’insertion après ses 25 ans, au lieu de 30 ans auparavant. Compte tenu du stage d’insertion d’un an sans allocation, il doit avoir terminé ses études à 24 ans, sans quoi il n’a droit à rien. Ceux qui font de longues études ou qui ont eu un petit incident de parcours durant leurs études sont pénalisés.

Chapitre 5 : les fins de carrière

Ce gouvernement introduit de très nombreuses mesures pour vous garder plus longtemps au travail. Il affirme à cet égard que c’est nécessaire pour sécuriser les pensions également à l’avenir. Comme toujours, la facture est exclusivement à charge des travailleurs : plus longtemps au travail, pension plus faible et démantèlement des ‘emplois d’atterrissage’, qui pourtant permettent rester plus longtemps au travail. Bien qu’il soit exact que le coût de la pension augmente pour la société, il n’est pas question d’une « avalanche ». Les économistes et politiciens de droite s’en servent comme échappatoire pour couper dans les droits sociaux des travailleurs, alors que les pensions en Belgique font déjà partie des plus faibles d’Europe. Est-ce d’ailleurs trop demander que de pouvoir profiter de la dernière période de sa vie en bonne santé dans une société moderne ? Oh ! et à propos… travailler plus longtemps, dans quels jobs déjà ?

39. Relèvement de l’âge de la pension : travailler jusqu’à 67 ans

Avant les élections, aucun parti ne voulait relever l’âge de la pension. Après les élections, les partis du gouvernement Michel ont décidé de le relever à 67 ans. En 2025, il faudra travailler jusqu’à 66 ans et à partir de 2030, jusqu’à 67 ans. En bref, les travailleurs pourront profiter moins longtemps de leur pension, parce qu’à 65 ans, l’on a encore en moyenne environ 11 années à vivre en bonne santé (cette donnée change à peine). En relevant l’âge de deux ans, le Gouvernement vous prend donc un cinquième de ces années restantes en bonne santé.

40. Démantèlement du bonus-pension

Voilà une preuve évidente que ce Gouvernement préfère punir plutôt que récompenser. Autrefois, à partir de 62 ans ou après une carrière de 44 ans, vous receviez un bonus-pension de € 2,34 par jour supplémentaire de travail. Pour celui qui continuait de travailler jusque 65 ans, cela pouvait donc représenter € 179,4 par mois. Ce bonus est complètement supprimé depuis le 1er janvier 2015.

41. Pension anticipée : toujours plus difficile

Seules les personnes ayant commencé à travailler très jeunes pourront encore bénéficier d’une pension anticipée. À partir de 2019, vous pourrez encore partir à 60 ans si vous avez travaillé 44 ans et à 61 ans, si vous vous avez travaillé 43 ans. Pour tous les autres travailleurs, la pension anticipée ne sera plus possible qu’à partir de 63 ans, moyennant une carrière de 42 ans.

43. Plus âgé et licencié ? Fini les échappatoires

Le Gouvernement avait déjà limité l’accès au RCC (l’ancienne prépension). L’entrée générale dans le régime ne pourra à l’avenir se faire qu’à partir de 62 ans, et même pour les exceptions sociales (très longue carrière, carrière avec du travail lourd/de nuit et entreprises en restructuration), l’âge d’entrée passera de 56 à 58 ans. Le Gouvernement a renforcé la disponibilité des travailleurs en RCC(voir mesure 32).Le coût de la prépension augmente également pour les entreprises. En bref, les travailleurs âgés licenciés deviendront désormais de « simples » chômeurs. Même s’il n’y a pas de travail pour eux. À qui cela profite-t-il ? Aux entreprises, qui échappent à nouveau au paiement du complément de prépension, sans la moindre obligation envers les travailleurs âgés.

44. Chômeur ? Prépensionné ? La pension diminue !

À nouveau, le Gouvernement choisit le bâton, même pour ceux qui jouent de malchance. Les périodes de chômage à partir d’1 an (2e et 3e périodes) ou le RCC ne comptent désormais plus pour le montant final de la pension que sur la base du salaire minimum au lieu du dernier salaire. Cela peut arriver à tout le monde, il n’est pas exceptionnel de connaître quelques années de chômage, par exemple en fin de carrière. Pour l’employé moyen, la perte au niveau de la pension finale oscille entre € 402 (1 an) et € 2010 (5 ans) sur base annuelle. Cette mesure entrerait en vigueur en 2017, donc également pour les personnes prépensionnées aujourd’hui.

46. Temps partiel ? Ce gouvernement réduit votre pension

Beaucoup de gens, surtout des femmes, travaillent à temps partiel. Ce n’est pas toujours par choix, mais parce que le secteur n’offre pas d’emplois à temps plein. Dans le secteur du commerce, par exemple, il est très difficile d’obtenir un contrat à temps plein, car les employeurs préfèrent « jongler » avec les travailleurs afin de couvrir les heures d’ouverture. Ces travailleurs peuvent bénéficier d’une allocation complémentaire. Celle-ci a déjà été réduite auparavant (voir mesure 35), mais à présent, on veut également que ces heures comptent le moins possible pour la pension. En bref, un groupe-cible ayant déjà une pension très basse doit à nouveau faire des efforts.

47. Veuve ou veuf ? Moindres droits à la pension de survie !

En tant que veuve ou veuf, vous pouvez actuellement bénéficier, dans certains cas, d’une pension de survie à partir de 45 ans. Le Gouvernement relèvera cet âge à 50 ans en 2025 et à 55 ans en 2030. En bref, les personnes actuellement dépendantes du revenu de leur partenaire devront se débrouiller seules à l’avenir si celui-ci/celle-ci venait malheureusement à décéder tôt.